Je traverse la vie d’année en année, le nez au vent, tentant de poursuivre mon bonheur comme on fait une chasse aux papillons : avec légèreté et enthousiasme. Sur ce chemin sentimental, des hommes souvent s’inclinent, et me charment régulièrement. Parfois je me penche et je les embrasse un peu. D’amourettes en amourettes, j’ai au final gardé mon entière liberté.

Il m’arriva plus d’une fois de me mouiller les mains à force de pleurer sur mon destin, de ces hommes qui ne s’arrêtaient pas en chemin pour suivre un peu plus le mien. Puis un jour, pestiférant que ces hommes ne m’avaient jamais fait de place dans leur vie, j’ai réalisé de plein fouet, que je ne leur en avait jamais fait non plus. Là, c’est juste le moment moyennement agréable, le : ah bon moi aussi j’ai merdouillé? Vous en êtes sûr ? On ne peut pas vérifier ? Non, vraiment j’insiste parce que le rôle de la femme au teint d’opale, parfaitement innocente me sied à merveille :)

Quand on réalise ce genre de choses, en général, on prend bien son visage entre ses deux mains, on pose ses coudes sur la table et on médite face à une tartine de Nutella, dans les vapeurs d’un thé mariage frères. Bref, on réfléchi.

Ces derniers mois, des hommes ont papillonné autour de moi. Il y avait ceux qui s’épanchent puis s’évaporent, ceux que j’ai bousculé parce que j’en avais rudement envie, ceux qui sont spécialistes des allers-retours : je veux te voir là tout de suite – ah non finalement je ne veux plus … Bref un peu de tout cela. Et au milieu de cet étrange balais, cet homme inattendu. Lui toujours calme, passionnant, riant aux éclats, puis posant les choses : je lui plais. Là, j’ai tout de suite réagi en adulte : j’ai paniqué. Imperturbable, il a proposé : prenons notre temps.

Depuis on a pris notre temps, jusqu’au moment où quand même j’ai suggéré qu’un baiser serait le bienvenu. C’est quand on rencontre quelqu’un de bien qu’on réalise à quel point nos peurs ont dominé notre vie, à quel point nous les avons laissé faire. Aujourd’hui, j’ai encore peur, je ne fais pas tous les jours la maligne, mais j’avance.

Et vous quelle peur vous a empêché de faire quoi ?