J’aime changer les meubles ou les objets de place de temps en temps. Ca permet de redécouvrir des pièces et souvent de trouver enfin la ou les place(s) qui lui convient le mieux. Ce matin perchée sur un petit escabeau en train de papoter au téléphone avec une amie, j’ai (re) trouvé une place de prédilection à ce plateau que j’adore. On me l’a offert pour mon anniversaire, il y a quelques temps déjà. Je l’ai installé tel un tableau au dessus de mon argentière refait à neuf, il y a quelques temps.

J’ai craqué pour ce plateau nommé Dalhia de la série « La Fleur blanche » de chez Ibride. Designers : Benoit & Rachel Convers. Je vous avoue que j’aimerai avoir toute la série !

« L’éditeur français Ibride compte dans sa collection de nombreux plateaux aux contours délicats et finement travaillés. La série « La fleur blanche » nous plonge au cœur du XIXe siècle à travers une galerie de cinq portraits romantiques et éthérés, classiques et libertins. Les corps et les visages sont traités à la manière de la peinture ancienne, jusque dans les craquelures et les pâles carnations ; les fonds graphiques, striés de bandes et de figures géométriques en filigrane apportent un contraste contemporain. Chaque personnage est décoré de fruits ronds ou de fleurs évanescentes, mélangeant pureté et sensualité. Les plateaux sont fabriqués en France, en stratifié massif, ils serviront à la présentation des plats comme de centres de table ou de tableaux à accrocher aux murs. Jasmée, Dahlia, Hanaé, Léandre et Maisie sont les membres silencieux et mystérieux du club très fermé « La fleur blanche ». 

« La fleur blanche » était le nom d’une maison close de la Belle époque. Elle se situait 6 rue des Moulins à Paris dans le 1er arrondissement ». Toulouse Lautrec, la fréquentait et il est possible que Dahlia fut sa favorite. La légende raconte qu’il y avait une chambre qui lui était exclusivement réservée. Il savait vivre ce Toulouse, mais bon, il est mort à 36 ans, victime de la syphilis et de l’absinthe qu’il mélangeait à du cognac. Toulouse, les mélanges, c’est jamais bon !

Voici un tableau de l’artiste proposant une vue du dit salon (1894).

 

Aujourd’hui, on aurait pu y retrouver aujourd’hui, Christian (50 nuances de Grey) dans la chambre des tortures de la fleur blanche. « Dans ce type de maisons, étaient organisés des spectacles consistant en tableaux vivants comme « La visite au sérail », mais aussi en fessées et flagellations ; photographiées, ces séances punitives étaient reproduites sur des cartes postales vendues sous le manteau« . Mais 1946 a sonné le glas des maisons closes parisiennes. Et le superbe mobilier de la maison fut vendu aux enchères. Je serai curieuse de savoir qui les possède aujourd’hui. Bon, du coup, on peut me dire chez toi, c’est le bordel. Mais je peux répondre, oui mais artistiquement, puisque le portrait d’une prostituée honore mon salon.

La vaisselle est une ancienne série de la maison Hermès, que j’ai déniché un jour de fortune dans une brocante pour une somme modique. J’ai dansé toute la journée. Je l’ai associé avec une bougie à l’illustration  graphique pour rappeler les détails de mon plateau. La sous-tasse vient de chez Monoprix (édition de Noël).