Hier, un jeune homme m’a dit « toi, je te verrai bien en couple avec un homme de 50 ans ». Ce à quoi j’ai répondu :  » c’est marrant, moi pas du tout ». Et lui d’insister : « moi, si vraiment ».

J’ai trouvé opportun de lui dire que mon dernier coup de cœur était plus jeune que moi. J’ai alors, lu tout le poids du jugement dans ses yeux. Celui que véhicule la société depuis des lustres  : un homme peut tenir à son bras une femme plus jeune, même beaucoup plus jeune. C’est souvent signe de réussite sociale. Il a réussi, il a donc droit à ce genre de trophées. Mais une femme qui aime un homme plus jeune, elle n’est pas crédible, pas mure, voir malsaine. La terminologie actuelle ne fait que concrétiser ce système de pensées. Quand je dis avoir eu des compagnons plus jeunes on me répond : « Aahh ! Tu es une cougar! ». Et moi de répondre : « non, je suis une femme ».

L’homme qui a occupé mes pensées ces derniers mois, est plus jeune et vit dans une autre ville. Un soir au cours d’un repas, un ami de la famille m’apprend qu’il se rend dans cette même ville et me propose de le ramener sur Troyes pour que nous passions le week-end ensemble J’ai refusé parce que devant de la famille, je n’ai pas eu le courage d’assumer cet écart d’âge.

Parce qu’en société je peux parler de mon ex, 40 ans, brillant archéologue qui n’a pas daigné décrocher son téléphone quand j’ai appris le cancer de ma mère. Mais que je ne me suis pas autorisée à parler de ce jeune homme qui, alors que l’on était pas plus proche que ça, m’a envoyé un message avec son numéro de téléphone pour me proposer son soutien. Je ne lui avais alors rien demandé.

Je ne décide pas de qui je vais tomber en amour. Je vis ma vie puis une personnalité me touche. Parfois elle est incarnée par un homme de mon âge ou plus vieux, parfois pas. Quoi qu’il en soit au final ce jeune homme n’est pas amoureux de moi. Tout va bien la société peut dormir tranquille.