Hier, en retard par rapport à la geekosphère mondiale, j’ai fait une partie de Journey, le dernier né des jeux de That Game Company. Journey est un jeu vidéo amusant et poétique sur le sens de l’existence. Il est disponible sur le PSN network, l’appstore de playstation.

En quoi consiste le jeu Journey ?

Dans Journey, vous incarnez un personnage (appelons le Pim) qui apparaît dans une mer de sable, entouré de vestiges d’une civilisation passée.

Pim est un humanoid qui a le pouvoir de voler et de chanter son propre nom et dont le but est de rejoindre le haut de la montagne que l’on peut voir, au loin dans le décor.

Sur son chemin, Pim rencontre un autre personnage (appelons-le Pom) contrôlé par un joueur quelque part dans le monde qui en est au même point que vous dans le parcours vers la montagne.

Pom a les mêmes capacités que Pim et vous avez la possibilité de communiquer avec lui par le chant de votre nom. Si vous perdez Pom en chemin (il a fini le niveau plus vite que vous ou inversement) le jeu vous connecte avec un nouveau joueur.

Journey laisse une liberté totale au joueur, il n’y a pas de temps impartit, il n’y a pas de points ni de mort,  même si le but reste avant tout de rejoindre la montagne sacrée.

Il est important de souligner aussi que Journey est un jeu esthétiquement très aboutit, les graphismes et la musique ayant été travaillé pour que le joueur évolue dans un univers varié et onirique d’une beauté à couper le souffle.

Pourquoi est-il important de connaître ce jeu ?

Un des objectifs de That Game Company, les créateurs de Journey, est de faire avancer l’expression artistique dans le jeu vidéo.

Je trouve particulièrement intéressant leur travail continuel sur les règles des jeux et comment elles peuvent transmettre un message au joueur à travers l’expérience même du jeu :

  • Un jeu vidéo fonctionne à travers un ensemble de règles sur lequel on peut écrire une histoire, ajouter de beaux graphismes et une belle musique.
  • Cet ensemble de règles gère l’interactivité entre le joueur et le jeu.
  • Dans un bon jeu vidéo, l’interactivité a été travaillée pour maintenir le joueur dans un état de satisfaction intellectuelle constant, appelé Flow (Fl0w est d’ailleurs le titre d’un des premiers jeux crée par That Game Company, il développe le concept de la gestion dynamique de la difficulté du jeu pour maintenir le joueur dans cet état)
  • Le jeu est alors agréable à jouer et divertissant. Un contenu, un message, peut être plaqué sur le jeu pour donner du sens à la quête du joueur. (Sauver une princesse, gérer le restaurant, …).

Dans Journey, le message premier du jeu n’est pas dans l’histoire qui est racontée, mais dans l’interactivité elle même :

  • La façon dont vous interagissez le long du chemin avec le joueur qui partage le jeu avec vous change radicalement votre expérience du jeu.
  • Aller vous être en compétition ? Allez vous l’aider ? Va-t’il vous aider ? Va-t’il vous faire découvrir des secret du jeu que seul, vous n’auriez pas vu ?
  • Vous pouvez finir le jeu seul, il n’y a aucune obligation de coopérer. Vous pouvez choisir de les ignorer et faire votre chemin.

Mon analyse du jeu-vidéo Journey.

Ce qui m’a le plus touchée dans ce jeu est la façon poétique dont les règles m’ont rappelé ma propre vision de « l’autre » dans ma vie :

J’ai aimé avoir un compagnon pour le jeu, mais une peur en moi me poussait à essayer d’arriver aux différentes étapes avant lui, pour avoir le plaisir de les découvrir moi-même et par peur que ce compagnon me les volent.

Mais Journey n’est pas un jeu qui récompense la compétitivité, mais bien la collaboration. Il n’y a pas de vol possible, ou de première place à obtenir, mais personne ne vous le dit, c’est quelque chose que j’ai découvert toute seule sur les pans glacés de la montagne sacrée.

J’ai donc changé de compagnon souvent en cours de route, jusqu’à en trouver un avec qui j’ai fini le jeu. Alors que Charles, un ami gamer, a finit le jeu trois fois, et à chaque fois a vécu l’ensemble de l’aventure avec un seul compagnon.

Conclusion

Quand je discute de Journey avec les gens qui y ont joué, ils disent « c’est beau » et que je répond « oui, c’est très beau ».

Et puis on parle des gens qu’on y a rencontrés et qui ont partagé notre chemin, de la relation qu’on a créé avec eux à travers notre petit chant. On se raconte comment, rencontres après rencontres, on a évolué vers l’envie de s’entraider et l’envie de trouver ce partenaire avec qui construire une dynamique tellement parfaite, qu’on arrive à passer tout les niveau en volant ensemble.

J’ai été profondément touchée par la poésie de Journey. La façon d’intégrer dans les règles un message sur le sens de la vie, au regard de notre relation à l’autre.

L’interactivité  de Journey donne au joueur un prisme pour voir et analyser autrement  sa relation aux autres à travers l’expérience de cette relation dans un contexte où tout est permis.

 Anna-Livia