Comment ai-je fait pour obtenir des missions en community management, alors que j’ai un cursus universitaire juridique. C’est très simple, je pratique l’animation de communautés depuis mon plus jeune âge. Je remercie ma grand-mère de m’avoir confié ce talent.

Comment cela se traduit-il concrètement ? A 1 an, certains enfants marchent. J’ai préféré parler.

A 2 ans, ma mère me perd sur la plage de Bat Yam. Résolument décidée à discuter avec le maximum de monde, j’avais fait mon chemin. Notez bien que le fait de ne pas parler la langue locale n’a été en rien un frein pour moi. Et vas-y que je te prends ton râteau, que je te pose des questions.

A 7 ans, mes parents changent d’horizon. Cap vers le sud de la France, pour créer une galerie d’art dans un quartier de Toulon. Un après-midi plus tard, non seulement j’avais fait connaissance avec tout le monde mais en plus, ils connaissaient toute notre vie. Créer le lien, c’est une passion.

A 10 ans, les professeurs sont unanimes : je suis bavarde et je dissipe la classe. 1984 : la notion d’animation de communauté complètement novatrice à l’époque est donc incomprise.

A 20 ans je vis à nouveau en Champagne. Ma mère revient ponctuellement nous voir. Très discrète de nature, elle m’avoue être très gênée par le fait que ma grand-mère discute avec tout le monde, tout le temps. Pour une fois, je ne dis rien.

A 30 ans, j’ai une r-é-v-é-l-a-t-i-o-n ! Je veux être payée pour parler : je deviens formatrice.

Depuis 37 ans, je papote donc irrémédiablement. Parce que j’aime les gens. Je pense que chacun quel que soit son chemin a quelque chose à nous apprendre, un sourire à nous tendre. Et décrocher des sourires, c’est un joli hobby, non ?