Ce soir j’avais les mains sales…

Je les regardais, mon vernis à ongle à paillettes (pour réveiller la fillette joyeuse qui vit encore en moi), ma bague claquante de brillants en toc, inspirée d’un grand joaillier… et … mes mains sales … Toutes noires au bout des doigts… et sur la paume aussi… Une matière qui se répand et que je laisse m’envahir avec joie… Celle de mon 4B.

Tout à l’heure, j’ai hésité :

  • Euh … j’y vais pas … euh c’est pas bien grave en fait, hein… j’y vais pas…
  • Et là aux tréfonds de moi : – tu n’y vas pas parce que tu as peur
  • Euh mais non n’importe quoi ! J’ai pas peur …. J’ai… euh…. Juste envie de passer une soirée cocooning.
  • Humm … c’est bien ce que je disais t’as peur et tu te cherches des prétextes…
  • Attends n’importe quoi ! …

Ben oui en fait je l’avais cette trouille au ventre. Elle grondait là, depuis un an déjà. Toutes mes peurs étaient dans cette grande malle rouge… Si si vous savez celle qui est dans mon placard sous mes robes d’été. Celle que j’ai recouverte de tellement d’autres boites que j’arrive à l’oublier. Pourtant parfois je shoote dedans… Et les souvenirs remontent.

L’autre jour, Magali me l’a fait ouvrir. J’hésitais. Allez fait voir, suis sûre que c’est bien. Elle a vu, elle a trouvé ça chouette. Quand elle est partie, j’ai rouvert la boite je l’ai vidé de tout ce qu’elle contenait comme pour la laisser exsangue. Là, j’ai retrouvé les traces du passé…. Un cahier de l’arrière grand oncle auto-dictate… Les matières préférées de mon beau-père, mort en 2003. Je ne pensais pas qu’un fusain pouvait me rappeler à ce point, la véracité de la mort d’un proche. Et puis ce soir je l’ai fait … J’ai poussé cette grande porte en bois au bout de ma rue. J’ai monté ces escaliers sans âge. J’ai souri à tous ces visages… Et je me suis assise. Ca y est après 8 ans d’absence, j’étais de retour

… aux Beaux-Arts.