Meryl Streep vient de recevoir hier soir, le Cecil B. DeMille Award 2017 pour sa contribution au monde du cinéma, lors de la 74e cérémonie des Golden Globes. Mais ce n’est pas tout. Etre aux Golden Globes, c’est aussi avoir l’opportunité de pouvoir faire une tribune, de pouvoir transmettre un message au plus grand nombre, Meryl Streep a prononcé un discours émouvant et profondément humain marquant ainsi sa désapprobation avec l’attitude et les propos de Donald Trump.

Citant les origines de plusieurs acteurs présents dans la salle (du Canada, en passant par l’éthiopie, à Jérusalem), elle demande : « Mais c’est quoi Hollywood au fond ? C’est une bande de gens qui viennent d’ailleurs. Mais où sont leurs actes de naissance?*  Vous tous dans cette salle appartenez aux segments les plus diabolisées de la société américaine en ce moment. Hollywood, les étrangers et la presse. Hollywood croule sous les gens venus d’ailleurs et les étrangers. Si vous les mettez tous dehors, vous n’aurez plus rien à regarder d’autre que du football américain et des arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l’art.

Il y a eu de nombreuses performances qui sont sorties du lot cette année, mais il y en a une qui m’a laissée bouche bée. Elle non pas parce qu’elle était bonne mais parce qu’elle a été très efficace, elle a fait rire le public à laquelle elle était destinée. C’était ce moment où la personne qui voulait s’installer à la place la plus respectée du pays a imité un journaliste handicapé** Il avait plus de pouvoir, d’argent et de poids que cette personne. Cela m’a brisé le coeur. Je n’arrive toujours pas à y croire parce que ce n’était pas du cinéma, c’était la vraie vie. Cet instinct d’humilier qui est mis en avant en public, par quelqu’un de puissant, s’immisce dans la vie de tout le monde, parce que cela autorise d’autres à faire la même chose. L’irrespect amène l’irrespect. La violence incite à la violence. Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants.”

Utilise ton coeur brisé pour en faire de l’art.

*en référence à l’obsession de Donald Trump sur la citoyenneté de Barack Obama ** en référence à un moment de la campagne présidentielle où Donald Trump s’était moqué d’un reporter  handicapé du New York Times en plein meeting.