J’ai envie de vous faire visiter la ville où je vis depuis plusieurs années. Je suis une Parisienne pur jus, mais ma mère champenoise de souche, m’a ramené ici, il y a quelques années. A deux pas de chez moi, se trouve la ruelle des chats. C’est une rue médiévale typique du centre historique de Troyes : très étroite, pavée avec une rigole en son centre pour l’écoulement des eaux, bordée de maisons champenoises.


Découvrir la ruelle des chats : une rue médiévale typique dans le coeur historique de Troyes


Les maisons de cette rue ont pris un coup dans l’aile après l’incendie de 1524 (« le grand feu ») qui a ravagé une partie de la ville. Autant vous dire que les maisons en torchis et en pan de bois, ça brûle très bien. Toutes les maisons de cette rue ayant brûlées, on sait que celles que vous allez découvrir ont été reconstruites à partir de 1524. Comme vous pouvez le voir les maisons ont une surface moins grande au rez-de-chaussée qu’aux étages. Une des causes réside dans l’amour inconditionnel des Français d’échapper à la fiscalité. C’est donc une très vieille tradition puisque les maisons de la ville sont bâties sur une volonté d’échapper à la taxe d'habitation qui était calculée sur la surface au sol du rez-de-chaussée.

Les avancées en porte-à-faux aux étages des maisons que l'on peut trouver notamment chez nous comme en Alsace, s'appellent des encorbellements. C'est fou, comme une mesure fiscale peut impacter l'architecture d'un pays. Il y a bien évidemment, aussi des raisons d'ingénierie dans ce type de construction. "L'assemblage des éléments de bois (poutres-poteaux) est plus facile à réaliser et est plus rigide car le poteau inférieur est décalé par rapport au poteau supérieur. De plus, le porte-à-faux, du fait qu' il appuie en bout de poutre, crée une contre-flèche (bombage de la poutre vers le haut) de celle-ci et contre balance la flèche due au poids du plancher. La poutre est donc renforcée".


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Je me tiens à l’entrée de la rue à peu près au niveau des anciennes grilles qui la fermaient.


L'architecture médiévale plait aux chats !


Du coup, les toits des maisons se touchent presque, ce qui est super pratique pour papoter avec son voisin, on en convient. Mais pour éviter les effondrement parfois les maisons sont maintenues par des étais. Ce qui est le cas dans cette rue. Les chats y voyant une aubaine, trottinaient sur les poutres, pouvant ainsi se balader de maison en maison. On raconte que c'est cela qui a donné ce nom,  à la rue.

Une autre légende sévit sur cette rue (mais je ne sais pas si elle est avérée). La ville a été comme beaucoup d'autres villes françaises touchée par la peste. L’introduction des chats, aurait permis de tuer les rats et donc de sauver la ville de cette maladie. Le nom de la ruelle, serait un remerciement pour les chats.


Le nom de la rue (rue des chats) est apparu beaucoup plus tard, puisqu’il date de 1783. Cette ruelle pittoresque a failli disparaître dans les années 60, mais André Malraux s'en alarma et la sauva. Le 4 août 1962, elle devient officiellement la ruelle des chats. Comme vous pouvez le voir sur les photos, la configuration de la ruelle lui donne une ambiance assez sombre, ce qui lui donne tout son charme. Elle est parfaite pour un film d’époque ou un baiser à la dérobée. Au moment où, j’écris ces lignes, je réalise, que je n’ai point donné de baiser dans cette rue. Il faut impérativement que j’y remédie ! D’ailleurs en 1789, le lieutenant de police a pris un arrêté pour réglementer les allées et venues de la ruelle car elle donnait notamment lieu à des actes de libertinage. 

La rue a été rénovée récemment. Si vous passez à Troyes, n'oubliez pas d'aller visiter cette ruelle dont le charme ne vous laissera pas indifférent. Vous pouvez découvrir mes autres articles sur Troyes ici