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Parfois, j’ai besoin de sortir danser. Parce que j’ai envie de sentir mes pieds fouler le dancefloor, mes hanches se libérer, le rythme de la musique remplacer le flux de mes pensées. Mais rappelons-nous aussi que le monde de la nuit est atypique, il est ponctué de rencontres inattendues et parfois de réactions saugrenues.

Cas n°1 : échapper au bavard mélancolique.

On y croise des hommes un peu ivres, qui ont décidé là tout de suite, ce soir, en direct-live, de vous raconter leur vie, toute leur vie. La version longue non censurée… l’intégraaaale ! C’est le moment où vous comprenez parfaitement la scène dans laquelle le passage se pend dans « y’a t-il un pilote dans l’avion ». N’étant pas dans un avion, vous cherchez une autre issue.

  • Je vais y aller, mon petit ami m’attend.
  • Qui ça ?
  • Euh … (cherchant du regard un ami dans la salle) L’homme à la chemise rayée là-bas.
  • Ah bon ? Il est sympa.
  • Oui. C’est un type très chouette.
  • Il a embrassé une fille tout à l’heure !
  • Euh … Il a son brevet de secouriste. Il pratique debout, c’est dire s’il maîtrise la technique.

Cas n°2 : le type qui s’improvise coach-love ou entremetteur.

On y croise cet homme plein de bonnes attentions. Le copain, du copain du copain, qui a décidé de vous mettre en couple avec l’homme assis juste à côtés de vous, qui tout comme moi n’a rien demandé à personne. Il ne le connait pas, mais il est motivé comme jamais, il va vous donner l’aide, que vous n’avez jamais demandé. Il vous regarde, vous tentez de l’en dissuader. Il vous sourit. Vous lui faites un non de la tête. Il redouble d’effort. Vous empruntez la voie diplomate, il vous encourage à aller de l’avant, à oser aborder les hommes… Et voilà, le copain, du copain du copain coach-love auto-proclamé qui entre dans la danse.

  • Elle est charmante n’est pas ? L’inconnu un peu décontenancé me regarde. Je me sens décryptée : la tête, les yeux et le reste. Je pense sérieusement à la fuite… Je n’ai pas fait de running depuis longtemps, ne serait-ce pas l’occasion rêvée pour reprendre

Au bout de 10 minutes de négociations enjouées, je me penche vers l’individu entremetteur pour lui dire :

  • Le monsieur est gay.
  • Joyeux ?
  • Naaaan.
  • Ah …
  • Merci (soulagement mutuel des protagonistes).

Cas n°3 : le type qui t’aime depuis toujours mais qui était le seul à le savoir.

C’est aussi le moment où des hommes me déclarent leur amour. En général en boite, il y a deux options chez les nigthclubbers :

La drague fugace : l’œil du tigre, la dent qui brille, le whisky glace, la posture qui en dit long. Le but : avoir le plus rapidement possible une certitude sur la potentialité de passer la nuit avec l’heureuse élue.

L’intégrale : ceux là (rassurez-moi dites-moi que ça vous arrivent aussi) me proposent la totale : la vie à deux, le bonheur enfin réalisé. Ils me relatent comment j’étais habillée lors de notre première rencontre 6 ans plus tôt. Comment ils m’ont lancé des signes que je n’ai jamais su voir. Enfin, je ne sais pas quels étaient leurs signes (sans doute le morse) car ils ne m’ont jamais invité à prendre un café ou à aller au ciné. Ca m’a toujours laissée perplexe ces situations.

En somme, le monde de la nuit, c’est un peu le festival des sentiments …

Parfois, souvent … Il m’arrive de me dire : bon ce soir, on est en mode sérieuse. On range ses petites affaires, on prend sa douche et on se couche tôt »… Mais quand l’ultime étape, cède à l’envie ça donne un : mince, il est 4h00 du mat, j’avais dit tôt le soir pas le matin …

Jeudi dernier, satisfaite de cette bonne résolution, de femme sérieuse, adulte et responsable, je m’apprêtais à me coucher… Pour me retrouver quelques heures plus tard, en boite de nuit, accompagnée d’un ex (que nous nommerons B.) et d’un couple d’amis.

Sur notre chemin de la nuit, nous croisâmes des nightclubbers … et invariablement des « réné-bourrés » ayant trouvé la lumière (extérieure) de la boîte de nuit pour les réconforter. Alors que B tentait tout son possible pour me reconquérir, un type, nous a interrompu pour lui dire un truc manifestement super important :

  • On se connaît que de vue, mais toi t’as de la gueule, t’es un mec classe ! On t’oublie pas.
  • Avec une prompte réactivité, B. lui a dit : Tiens passe plutôt le message à la jeune femme qui est à côté de moi :)

J’ai trouvé ça très drôle …

Bon sauf que le réné était vraiment bourré, qu’il n’a rien compris, et qu’il m’a dit :
– « Je suis désolée, j’aime pas les jolies filles ». Comme quoi toutes stratégies à ses petits accrocs ;)