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J’ai décidé de vous donner ici quelques conseils en matière de couple. Oui je sais, je n’ai aucune légitimité en la matière, mais si on mettait au chômage tous les gens qui exercent des fonctions dont ils n’ont pas les compétences, on serait légion l’ami.

J’ai rencontré un homme (enfin j’avoue j’en avais déjà vu avant… dans les livres et parfois tout nu dans mon lit, mais je n’ai jamais vraiment su comment ils étaient arrivés là). J’ai envie de dispenser des conseils opportuns et EFFICACES pour réussir sa vie affective. Cette méthode n’a pas encore été reconnue d’utilité publique mais cela ne saurait tarder, je vous l’assure.

Voir juste dans ses intentions : l’homme m’avait contacté car il voulait me parler d’un sujet sérieux traité sur l’un de mes blogs. N’étant pas née de la dernière pluie, j’ai tout de suite compris qu’il me draguait. J’ai d’abord joué la mijaurée, et je l’ai repoussé. Il a insisté. J’ai cédé et suis allée au rendez-vous. Pour au final m’apercevoir, qu’il ne me draguait pas. C’est bête un homme parfois, j’vous jure.

Etre claire dans ses objectifs : après quelques entrevues, il a enfin réalisé que j’avais un potentiel de séduction non négligeable auquel aucun homme ne peut résister. Là, j’ai tout de suite assuré grave en disant « euh hein, quoi ? Comment ? Je sais pas trop. J’ai besoin de temps » pour quelques semaines plus tard, conclure par « et sinon tu m’embrasses quand ? ». Une femme n’est pas versatile, non, non, non.

Oser  challenger son couple : soyons très clair. Un joli couple ne tombe pas du ciel, il se construit. Il faut donner, sa confiance, de son temps, des baisers (que l’on peut voler aussi) et surtout … Il faut le challenger. Faire viiiiiiiibrer le couple, roooooompre la monotonie, lui laisser penser que l’on est unique et toute les femmes à la fois. J’ai donc jalonné notre parcours amoureux de divers challenges :

  • Vivre des expériences inédites : comme l’emmener à une brocante tenue par d’anciens alcooliques (certains sont plus anciens que sobres) pour notre premier week-end.
  • Savoir faire sa place : en s’appropriant peu à peu la couette, et en le regardant avec des yeux de biches quand il proteste ;)
  • Tester son attachement : en observant sa colère après un tweet qu’il qualifie de tendancieux « voici les clés de mon bonheur au cas où tu changerais d’avis » avant qu’il ne réalise qu’il s’agissait d’une chanson de Gérard Lenorman et d’un délire entre amis. Gérard, tu attises la passion dans mon couple, tu le sais ça ?
  • Tester son self control : en entrant nonchalement dans le salon, parée d’un ensemble de lingerie suggestif prétextant avoir oublié un livre dans la pièce.

La photo d’illustration est signée Leïla Garfield

Parfois, j’ai besoin de sortir danser. Parce que j’ai envie de sentir mes pieds fouler le dancefloor, mes hanches se libérer, le rythme de la musique remplacer le flux de mes pensées. Mais rappelons-nous aussi que le monde de la nuit est atypique, il est ponctué de rencontres inattendues et parfois de réactions saugrenues.

Cas n°1 : échapper au bavard mélancolique.

On y croise des hommes un peu ivres, qui ont décidé là tout de suite, ce soir, en direct-live, de vous raconter leur vie, toute leur vie. La version longue non censurée… l’intégraaaale ! C’est le moment où vous comprenez parfaitement la scène dans laquelle le passage se pend dans « y’a t-il un pilote dans l’avion ». N’étant pas dans un avion, vous cherchez une autre issue.

  • Je vais y aller, mon petit ami m’attend.
  • Qui ça ?
  • Euh … (cherchant du regard un ami dans la salle) L’homme à la chemise rayée là-bas.
  • Ah bon ? Il est sympa.
  • Oui. C’est un type très chouette.
  • Il a embrassé une fille tout à l’heure !
  • Euh … Il a son brevet de secouriste. Il pratique debout, c’est dire s’il maîtrise la technique.

Cas n°2 : le type qui s’improvise coach-love ou entremetteur.

On y croise cet homme plein de bonnes attentions. Le copain, du copain du copain, qui a décidé de vous mettre en couple avec l’homme assis juste à côtés de vous, qui tout comme moi n’a rien demandé à personne. Il ne le connait pas, mais il est motivé comme jamais, il va vous donner l’aide, que vous n’avez jamais demandé. Il vous regarde, vous tentez de l’en dissuader. Il vous sourit. Vous lui faites un non de la tête. Il redouble d’effort. Vous empruntez la voie diplomate, il vous encourage à aller de l’avant, à oser aborder les hommes… Et voilà, le copain, du copain du copain coach-love auto-proclamé qui entre dans la danse.

  • Elle est charmante n’est pas ? L’inconnu un peu décontenancé me regarde. Je me sens décryptée : la tête, les yeux et le reste. Je pense sérieusement à la fuite… Je n’ai pas fait de running depuis longtemps, ne serait-ce pas l’occasion rêvée pour reprendre

Au bout de 10 minutes de négociations enjouées, je me penche vers l’individu entremetteur pour lui dire :

  • Le monsieur est gay.
  • Joyeux ?
  • Naaaan.
  • Ah …
  • Merci (soulagement mutuel des protagonistes).

Cas n°3 : le type qui t’aime depuis toujours mais qui était le seul à le savoir.

C’est aussi le moment où des hommes me déclarent leur amour. En général en boite, il y a deux options chez les nigthclubbers :

La drague fugace : l’œil du tigre, la dent qui brille, le whisky glace, la posture qui en dit long. Le but : avoir le plus rapidement possible une certitude sur la potentialité de passer la nuit avec l’heureuse élue.

L’intégrale : ceux là (rassurez-moi dites-moi que ça vous arrivent aussi) me proposent la totale : la vie à deux, le bonheur enfin réalisé. Ils me relatent comment j’étais habillée lors de notre première rencontre 6 ans plus tôt. Comment ils m’ont lancé des signes que je n’ai jamais su voir. Enfin, je ne sais pas quels étaient leurs signes (sans doute le morse) car ils ne m’ont jamais invité à prendre un café ou à aller au ciné. Ca m’a toujours laissée perplexe ces situations.

En somme, le monde de la nuit, c’est un peu le festival des sentiments …

Suite à quelques désagréments d’ordre sentimental, j’ai décidé de suivre de nouvelles règles dans mon cheminement amoureux. La première : tester le courage de l’audacieux.

L’autre soir, un homme charmant m’a fait part de ses faveurs. A l’instar d’un chevalier des temps modernes, j’ai décidé de mettre son entrain à l’épreuve. Le hasard a voulu que ce même soir, dans la discothèque où nous avions décidé de nous rendre, un grand videur haltérophile (dont les bras, ne touchait plus le long de son corps, je vous laisse imaginer la masse musculaire) avait décidé de jeter son dévolu sur moi. A priori, j’étais SON grand coup de coeur de la soirée.

Alors qu’il me comptait fleurette, je me suis posée mille questions :

– Combien il pèse ?
– Ca mange combien de frigo, un homme comme ça ?
– Et si on se dispute et qu’il me coince la tête sous son bras, combien de temps je survivrais ?

C’est là, que sourire en coin, je suis allée voir mon premier soupirant en lui disant avec un regard innocent :
« Tu vas être super content, je suis allée voir le videur et je lui ai dit que tu allais lui casser la gueule s’il continuait à me draguer … « . Il a ri à ma blague moisie. One point ;)

Dans la vie, on croise des gens qui ont du désir pour nous, et j’avoue que c’est plutôt chouette. Voici un échantillonnage de différentes techniques de drague que j’ai rencontrées et parfois, subies au cours de ma vie de femme. Tous ces exemples ont été vécus …

I. Les dragues émouvantes :

– La drague adorable : celle qui dévoile son émoi, ses sentiments, son épanchement, avec la délicatesse d’un papillon, sans jamais vous importuner.
– La drague anonyme : celle qui dévoile sa fougue mais dont je n’ai jamais connu l’auteur.
– La drague qui passe par le regard : celle qui ne dit rien, mais dont le regard en dit beaucoup, à la folie, passionnément.
– La drague maladroite : celle qui veut mais qui ne sait pas comment faire, qui se prend les pieds dans un peu tout, et qui en devient terriblement atypique, attendrissante et qui vous fait craquer.
– La drague coquine : celle qui dit peu, mais qui dit clairement : OUI !

II. Les dragues surprenantes  :

– La drague atypique : celui qui vient vous trouver sur le « dance floor » pour vous dire « Ben ça fait une heure que je vous regarde de dos et je tiens à vous dire que vous êtes aussi belle de dos que de face »…
– La drague à retardement : celui qui vous dit qu’il craque pour vous depuis 10 ans, juste avant de prendre son avion pour Vladivostok. Qui se met à genoux pour vous alors qu’il a une jambe dans le plâtre.
– La drague jeun’s : celui qui vous dit : « hey madame je te trouve hardcore, j’te kiffe grave ! »
ou encore « ben franchement, ça fait plaisir de vous avoir Madame ça nous change des tonneaux qu’on nous colle d’habitude » mais aussi « Hey Madame, on pourrait prendre un verre ensemble ? » « Non » « hey c’est pas pour vous pêcho, hein ?! » … La perspective pleine de promesses : « Si tu viens passer le week-end chez moi, je te promets un marathon du sexe ».
– La drague adultérine directe : celui qui vient de parler avec émoi de son enfant né il y a quelques semaines, et qui vous propose dans les minutes suivantes de passer la nuit avec lui. Ben voyons et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier.
– La drague adultérine indirecte : celui qui vous drague comme un fou, et qui a un subit rappel de mémoire quand vous lui dites « ah tu es donc un célibataire qui vit avec sa petite amie ? » Et oui c’est parfois pratique les petites villes ;-)
– La drague prise de conscience immédiate : celui qui vous a déjà vu 10 000 fois mais qui subitement, là, d’un coup, inopinément, est foudroyé d’amour et d’attirance par vous… qui êtes accompagnée ce soir-là. Oui c’est le hasard, hein ?! Rien à voir avec le fait que là précisément, je sois avec mon amoureux. Non c’est un truc de fou, inexplicable peut-être même mystique. Ben oui ça doit être hormonal, d’ailleurs j’connais un super endocrinologue si tu veux.

III. Ceux à qui on dit NON.

– Le sympathique : celui qui garde le sourire et qui devient parfois un très bon pote.
– La volte-face : celui qui vous fait comprendre que maiiiiiiiiiis non pas du tout du tout… Ce n’est pas parce que je t’appelle tous les jours, que je t’envoie des tas de messages, en employant uniquement le champ lexical de l’amour que … Non, mais attend pas du tout, il y a une grosse confusion. Et qui rompt tout contact après le : non.
– Le double jeu : celui qui joue sur plusieurs tableaux et qui se fait prendre. Parce que oui les filles ont de l’intuition (parfois) et le sens de l’observation, et qu’elles parlent entre elles. Et que pour mentir faut avoir une super-mémoire, doublée d’une grande intelligence …
Là différentes options, celui qui avoue avec le sourire, qui tourne ça à l’humour. On rit un coup et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille conter fleurette à d’autres.
Le « qu’est ce que c’est que cette histoire » : y’a jamais eu personne d’autre que toi. Ca commence en général par un gros éclat de colère, un appel au scandale, monsieur est meurtri dans sa morale, dans la confiance qu’il avait mis aveuglément en nous. Puis ça se termine sur des triples gloups quand il est mis devant les faits accomplis. On clôt le débat et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille en baratiner d’autres.
– Le mauvais perdant : celui qui vous a trouvé géniale, méga cool, brillante et extraordinaire, et qui suite à un NON, vous trouve : ordinaire, vraiment pas subtile, pas attirante et tutti quanti … Mais qui reste quand même de manière insistante pour vous le dire. Ben si je ne suis pas à la hauteur pourquoi tu es encore là ? On clôt le débat et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille en emm… d’autres.

J’aimerais que ceux-là comprennent que je ne leur dit pas non parce qu’ils sont nuls, insignifiants ou autre raison. Je leur dis non parce que je ne suis pas attirée tout simplement.
C’est pas la peine de s’énerver pour ça. Parce que ça ne changera rien à rien.

PS : je présente mes excuses, aux hommes que j’ai pu heurter (je me dis qu’on est toujours le boulet d’un autre)

PS : merci aux hommes qui ont traversé ma vie avec douceur, qui m’ont procuré mille trésors que la vie de couple apporte et avec lesquels nous avons su nous délier sans dénier.

Photo réalisée par Aline Lunau