J’étais partie en week-end à Lille. C’était très chouette. J’ai pu me balader. Rencontrer enfin Kim (que je suivais depuis 10 ans sur le web). On a mis 10 ans pour se voir, mais c’était super bien. J’ai fait plusieurs photos. Elles sont toutes troubles. Mon constat, les mojitos ne font pas bon ménage avec la photographie, sauf à lancer un style « c’est flou, mais c’est intentionnel, c’est de l’art baby ». J’ai eu aussi la bonne idée de tomber malade (je penche pour une intoxication alimentaire). J’ai donc pu tester pour vous « être malade comme un chien, à l’hôtel ». Je ne vous conseille pas cette expérience. Le dimanche, j’ai trottiné jusqu’au vide-dressing Violette Sauvage pour reprendre mon projet YesWeCards et tirer les cartes (c’était super). Et puis, j’ai dû rentrer. J’avais fait l’aller en co-voiturage, j’ai fait le retour avec la SNCF … Erreur !

Une fois arrivée dans le train, j’entends une sonnerie vraiment forte et répétitive (une sonnerie forte toutes les 3 secondes environ, imaginez le truc). Je me dis, ce n’est pas bien grave, ça va s’arrêter. Plusieurs minutes plus tard, la sonnerie est toujours là. Et nous aussi, puisqu’on n’a pas le choix. Le bruit est entêtant et tape sur le système avec une force assez incroyable. Je décide de demander l’avis du public … de la voiture 17.

  • Moi : « c’est infernal, cette sonnerie, non ? »
  • Une dame « C’est affreux ! »
  • Une jeune fille me regarde entre l’envie de mourir et la compassion – « Ca fait une heure que je suis dans le train. Ca sonne comme ça depuis le début ».
  • Je la regarde à mon tour, partagée entre le « ça va pas être possible » et le « cette jeune femme est un héros, comment a-t-elle survécu ».
  • Je décide d’informer le public de la voiture 17 de la vérité « Bon là, il faut être réaliste, je pense que nous sommes les cobayes d’une étude comportementale commanditée par une université de psychologie. Ils vont voir comment on réagit, et à quel moment on essaye de s’étrangler … »
  • Puis quelques minutes plus tard, un homme craque, en disant « ce n’est pas possible ». Il tente de fuir la voiture infernale.
  • Je lance à mes compagnons de souffrance auditive « et voilà, nous venons d’identifier le maillon faible de l’étude. Bientôt, on va nous dire qu’il a eu une enfance difficile ».
  • Puis, je pose LA vraie question : « vous pensez que nous serons rémunérés pour l’étude ou pas ? »
  • Quelques minutes plus tard, c’est le retour du maillon faible dans la voiture 17, il vient de comprendre ce qu’on avait tous compris depuis le début : la sonnerie sévit dans TOUT le train. On le regarde sans lui en vouloir. Il est comme nous, il souffre.
  • J’ai des boules quiès dans mon sac, mais je réalise que même en les coupants en plusieurs bouts, je n’arriverai pas à sauver tous les gens de la voiture. La tristesse s’empare de moi.
  • Je tente de livetweeter mon voyage pour évacuer mon stress. Je suis en edge. Pas de wifi. Ce piège est infernal.
  • 20 minutes plus tard, la sonnerie s’arrête, notre supplice prend fin. Nous sommes tous soudés, on a vécu ça ensemble.
  • Au moment de l’arrivée en Gare du Nord, la SNCF a remis la sonnerie, un peu comme dans les films d’horreur quand vous croyez que le monstre est mort, alors que non. Là, j’ai ma certitude, il y a un sadique dans ce TGV 7292.

J’ai pensé à vous enregistrer une bande son de la sonnerie pour que vous puissiez lire l’article dans les mêmes conditions :) Et vous votre pire voyage en train, c’était quoi ?