Je traverse la vie d’année en année, le nez au vent, tentant de poursuivre mon bonheur comme on fait une chasse aux papillons : avec légèreté et enthousiasme. Sur ce chemin sentimental, des hommes souvent s’inclinent, et me charment régulièrement. Parfois je me penche et je les embrasse un peu. D’amourettes en amourettes, j’ai au final gardé mon entière liberté.

Il m’arriva plus d’une fois de me mouiller les mains à force de pleurer sur mon destin, de ces hommes qui ne s’arrêtaient pas en chemin pour suivre un peu plus le mien. Puis un jour, pestiférant que ces hommes ne m’avaient jamais fait de place dans leur vie, j’ai réalisé de plein fouet, que je ne leur en avait jamais fait non plus. Là, c’est juste le moment moyennement agréable, le : ah bon moi aussi j’ai merdouillé? Vous en êtes sûr ? On ne peut pas vérifier ? Non, vraiment j’insiste parce que le rôle de la femme au teint d’opale, parfaitement innocente me sied à merveille :)

Quand on réalise ce genre de choses, en général, on prend bien son visage entre ses deux mains, on pose ses coudes sur la table et on médite face à une tartine de Nutella, dans les vapeurs d’un thé mariage frères. Bref, on réfléchi.

Ces derniers mois, des hommes ont papillonné autour de moi. Il y avait ceux qui s’épanchent puis s’évaporent, ceux que j’ai bousculé parce que j’en avais rudement envie, ceux qui sont spécialistes des allers-retours : je veux te voir là tout de suite – ah non finalement je ne veux plus … Bref un peu de tout cela. Et au milieu de cet étrange balais, cet homme inattendu. Lui toujours calme, passionnant, riant aux éclats, puis posant les choses : je lui plais. Là, j’ai tout de suite réagi en adulte : j’ai paniqué. Imperturbable, il a proposé : prenons notre temps.

Depuis on a pris notre temps, jusqu’au moment où quand même j’ai suggéré qu’un baiser serait le bienvenu. C’est quand on rencontre quelqu’un de bien qu’on réalise à quel point nos peurs ont dominé notre vie, à quel point nous les avons laissé faire. Aujourd’hui, j’ai encore peur, je ne fais pas tous les jours la maligne, mais j’avance.

Et vous quelle peur vous a empêché de faire quoi ?

18 Comments

  1. Mes peurs (oui déja je parle au pluriel, parce que la liste est aussi longue que celle des maîtresses de DSK) m’ont empêché de faire MA vie…C’est un peu lourd comme ça, gros même, parce que je suis bien en vie, depuis quelques années quand même…Mais, entre être juste là, et incarner ses désirs, il y a un pas immense !! Un pas, que je ne suis pas permis véritablement de franchir : un pied dedans, un pied en dehors, un pas en avant, deux en arrière…Comme ça t’es sur de jamais vraiment construire quoique soit ! Call me the reine of the poule mouillée qui ne s’est même pas vraiment mouillée, ou à peine un orteil vite fait…Bref, il n’y a pas très longtemps j’ai décidé que cela devait s’arrêter..Et que je devais commencer : sans peur et sans reproche…Et puis sans regret aussi :)

    • TheCélinette Reply

      Ah Agnès ma belle amie Si tu savais comme j’aime ce que tu es :)

  2. Quelle est ma peur?
    Est-ce qu’une seule peur est présente en chacun d’entre nous (comme le dit si bien Agnès).
    Ma principale peur, est parfois un défaut, parfois une qualité (tout dépends du point de vue) : j’ai peur de l’image (au sens large du terme) que je renvois aux autres. De fait je suis très timide! J’ai du mal à vivre avec moi, de temps en temps.
    Physiquement je ne peux pas me voir en peinture.
    Intellectuellement, je me trouve pas très cultivé, ni très intelligent.
    Bref je me vois comme un con moche :)
    Je vis avec cette image tous les jours, et ce n’est pas évident d’avancer.
    En dehors de ça je fais aussi des crêpes pleines d’humour (oui je tiens une crêperie ça aide hein)!!!

  3. j’ai récemment fait du rangement dans ma bibliothèque, un livre m’est particulièrement cher : « Sabina Spielrein entre Freud et Jung » (elle fut disciple des deux et patiente, puis maîtresse, de Jung), et puis ce bandeau qui l’entourait : « il faut aimer pour guérir ».

  4. Thibault C. Reply

    La peur du ridicule (ou du naturel ?) qui empêche d’être qui l’on est…

  5. J’ai eu des peurs. Et j’en ai encore certaines. Je suis capable de choses « incroyables », sans avoir la moindre frousse.
    Mais pourtant une chose toute simple, comme prendre ma mère dans mes bras et lui dire que je l’aime, m’est impossible (rien que d’y penser j’ai les larmes aux yeux). Je ne sais pas « tomber le masque » et me dévoiler aux autres. D’autant plus s’ils sont proches. Mais je me soigne, et par moment je me dévoile un peu, une fêlure, une plaie au coeur… Et là le regard des autres changent, et ils me regardent différemment. Je ne suis plus la nana rigolote qui vit à 200 à l’heure sans trop penser à demain. Je deviens dans leurs yeux un être avec une épaisseur et une substance.
    Mais se dévoiler, c’est aussi risquer un jour de se faire trahir par « eux », et se prendre un revers de médaille au coin du nez et être blessée… Je me méfie des gens.
    Je crois que c’est la raison pour laquelle pendant très longtemps je gardais tous mes dessins et mes écrits pour moi. Ils étaient trop intimes pour que j’ose les dévoiler à quelqu’un.
    Un jour mes meilleures amies m’ont dit que même après 10 ans d’amitié, elles ne me connaissaient finalement qu’en surface. Ca m’a fait réfléchir, et elles avaient raison.

    Voilà!

    (sinon j’ai nourri les poissons)

  6. Quel bel article, et quelle chanceuse tu es d’avoir trouvé cet homme :)
    Moi aussi, des peurs j’en ai, et notamment parce que ça a si souvent tourné court, la peur de décevoir et de perdre l’autre a trop souvent pris le dessus, se ressentant et finissant, cette peur là, par faire fuir l’autre ! Maintenant que j’ai réalisé que j’étais trop en attente et que ça faisait déguerpir les hommes, vais-je arriver à agir et réagir différemment ?!

    • TheCélinette Reply

      J’ai souvent été attirée par cette formule « la chance ça n’existe pas ça ce créé » et plus j’avance dans la vie, plus je le constate.

      Je pense que cette rencontre est le fruit d’un rééquilibrage. A la fois, je demandais trop aux hommes sur certains points et pas assez sur d’autres.

      La chose qui a fait basculé le tout du bon côté, c’est qu’au cours d’un séminaire avec un coach américain, j’ai réalisé que mon premier besoin en amour était la certitude. Si je suis honnête avec moi-même je voulais savoir d’entrée de jeux si c’était le bon, si nous allions avancer ensemble, s’il pourrait être le père d’enfants potentiels un jour.

      Or ce séminaire m’a convaincu de lâcher ce besoin de certitude. Ma relation aujourd’hui se passe extrêmement bien, mais je n’ai comme dans toutes relations je n’ai aucune certitude que cela va durer. C’est peut-être l’homme de ma vie, le futur père de mes enfants ou un amour passionnel et fugace. Ni lui, ni moi ni personne ne sait ce qu’il en est.

      J’ai accepté cet état de fait. Mais à côté de cela, pour compenser, je me donne à 200% parce qu’il faut découvrir (vraiment) l’autre, et parce qu’il faut aussi vraiment se découvrir (là c’est beaucoup plus dur pour moi). Pour gagner il faut prendre des risques que l’on aime ou pas c’est un détour obligé.

      Ce qui me rassure c’est que si l’issue est belle, je saurai que justement ce n’est pas de la chance mais un destin forgé à la volonté d’avancer. Et si cela s’évapore un jour, j’aurai tellement avancé que la relation suivante sera encore plus belle.

      J’ai appris à mieux savoir ce que je veux, à l’exiger quelque soit le contexte mais aussi à assumer seule mes peurs handicapantes pour les dépasser et découvrir le trésor qui dort en elles.

      Cet homme on me l’aurait présenté il y a 6 mois, je serai passé à côté.
      D’ailleurs pour l’histoire, nous nous sommes rendus compte que nous étions dans la même soirée en 2006. Or les deux derniers hommes qui ont voulu sortir avec moi était (hasard?) présent à cette soirée de 2006. Si j’avais ouvert les yeux plus tôt j’aurai gagné 5 ans :)

      So …

  7. On dirait moi ! non seulement je voulais une certitude, mais en plus je mettais toujours un espoir énorme que ce soit le bon, n’arrivant pas à être moi-même et naturelle tellement je voulais que ça marche :)
    Tu as raison, il faut arriver à lâcher prise pour vivre les choses au lieu de toujours se projeter dans une volonté d’avenir…

  8. Dans ma vie j’ai toujours aimé aller de l’avant en jouant les trompes-la-mort. J’en etais fier.
    Jusqu’au jour où j’ai découvert que cette force, cette insouciance, etait de la peur. Bien déguisée, drapée d’habits de lumière.
    Lorsque l’on comprend que ce qu’on prenait pour son chemin de vie était en fait une fuite en avant, on commence à pouvoir aimer vraiment.

  9. Il y a quelque temps déjà je sortais d’une bonne grosse dépression de quelques années et décidé de me prendre .. enfin .. en main en entamant une école d’art. Mais attention disais je à mon proche entourage j’y vais pas pour m’y faire des amis, j’suis bien seul j’ai besoin de rien… ça fait maintenant 8 ans que j’ai un merveilleux chéri qui s’accroche et que j’aime plus que je n’aurai pu l’imaginer ;) et ma meilleure amie qui me suit depuis cette même année :) :)
    Je te souhaite tout le même bonheur ;)

  10. La question étant : cherche-t-on a se faire connaître ou à se faire valider par l’autre ?

    • Voyager pas cher Reply

      Un peu des deux chez tout le monde .. Sauf ceux qui s’en foutent complètement du regard des autres.. Mais nous vivons tous au dépend du regarde des autres !

  11. Ma plus grande peur ?
    Je n’en ai pas une mais plusieurs.

    L’une d’elle est une question d’adulte. Existe-t-il un grand amour ?
    Celui avec un grand A. Celui qui dure , qui se renouvelle ,qui émerveille année après années?
    Ou bien est-ce encore un de ces mythes majeurs ?
    Un de ceux qui nous pourrissent la vie. Qui nous empêchent de croire à notre bonheur, à notre chance. En notre « maintenant ».
    Goldman en parle dans « C’est pas d’l’amour »
    Cette question m’effraie, vraiment.

    La seconde peur est une peur insensée … La peur de ne pas faire ce que pour quoi je suis fait. Vraiment fait.
    Pour vivre, vivre avec un grand V, faut-il chercher à être un homme majuscule ? Un homme puissant, ou un homme riche ou un grand créateur , ou encore un grand meneur ?
    Aucune de ces voies ne sont inaccessibles pour celui qui à la détermination et l’envie , mais …

    Dans une de ses nouvelles , Dino Buzzati plaint les hommes qui ont cédé à ce rêve et qui sont passés « à côté » de ce qui fait vraiment le miel de la vie… Une maison. Des draps blancs. Une lumière allumée et la silhouette d’une femme.

    C’est même de manière symbolique le thème sous-jacent de son roman « le désert des Tartares ». Indirectement, c’est aussi un des thèmes cachés de « Vol de Nuit » de Saint-Exupéry.
    Ces deux hommes ont donné deux réponses opposées : Buzzati prône le renoncement à l’orgueil et la fragilité des honneurs. Et la recherche du foyer et de ces bonheurs simples.
    St-Ex , lui prône la grandeur de l’homme devant l’épreuve, devant l’histoire , loin , bien loin du monde domestique.
    Brel avait aussi des mots très tendres et assez drôles sur ce problème,ce paradoxe :
    http://www.youtube.com/watch?v=cKRyMJ36jLw

    • TheCélinette Reply

      David,

      Merci pour votre commentaire et soyez le bienvenu sur mon blog.

      Par rapport à l’interview de Jacques Brel (que j’aime beaucoup). Je suis d’accord avec une partie de ses propos et je m’oppose à l’autre partie.

      Je crois qu’il méconnait dans ses propos profondément la femme. Et que parler d’une voix unique au nom des femmes c’est nier leur diversité et plonger de fait, maladroitement mais surement, dans une forme de misogynie. Ainsi, réduire la femme au seul objectif de « garder son homme » est à mon sens une aberration. Déjà parce que quand on parle de « garder l’autre » c’est que l’on a une vision coercitive de la relation.

      Mais aussi car la véritable beauté c’est que le lien profond du couple soit l’envie. Le fait de se dire que ce qu’on crée à deux, on ne le trouve pas ailleurs. Je suis avec un homme parce que c’est lui qui me fait le plus vibrer, qui m’éveille le plus, et soyons clairs qui me fait le plus jouir.

      Je n’ai jamais eu la prétention de garder un homme. Je trouve que c’est la petite mort. Et une erreur fondamentale d’objectif. L’idée est davantage de se donner à 200% pour créer une relation unique. Après cela fonctionne ou pas. Mais l’idée reste là.

      Je n’ai pas besoin de stratagème pour que l’homme qui partage ma vie ait envie d’être avec moi. Je veux qu’il le soit parce que moi, parce que lui et grâce à ce que l’on vit.

      Parfois des êtres (et n’en déplaisent à Jacques, homme comme femme) s’acharnent à garder l’autre. Et c’est souvent parce qu’ils voient dans cet autre l’énergie qu’ils ne savent pas donner à leur vie :)

  12. Bonjour TheCélinette,

    Cela fait plusieurs heures que je me suis arrêté de travailler pour répondre à la question que tu poses : « Et vous quelle peur vous a empêché de faire quoi ? »

    La réponse est qu’aucune peur ne m’aura jamais empêché de faire quoi que ce soit dans ma vie, et je dois dire que j’ai toujours fait ce que j’ai voulu, j’en ai bien peur !

    Je ne suis pas un patron modèle, ni un époux modèle, ni un être humain irréprochable, et probablement pas un exemple à suivre pour mes deux filles. Mais le bon comme le mauvais, j’assume absolument tout.

    Je sais que la valeur d’un Homme ne se mesure pas à son statut, ni à son argent, ni à ce qu’il possède ; mais pour reprendre les mots de Mark W.B.Brinton à son courage, à sa créativité, à sa personnalité, à son indépendance…

    J’ai en permanence conscience que ce que je fais, et je sais je ne le ferai qu’une seule fois dans ma vie. Du coup, je m’attache plus à savoir ce qu’il ne faut pas faire que précisément savoir ce qu’il faut faire. Pour cela, je suis mes intuitions partout où elles me mènent.

    Henry V de Shakespeare (c’est repris dans la biographie officielle de Steve Jobs) commence par : « Ô, si j’avais une muse de feu qui pût s’élever jusqu’au ciel le plus brillant de l’invention ». Voilà, j’aurais peur de manquer de cela et de tomber dans les démons du mysticisme, de ne plus être passionné et sensible, inspiré et au bout du compte tout simplement humain.

    Quant à l’Amour, avec un grand A, il ne peut qu’être fusionnel, et sans aucun compromis. C’est ainsi que je le vis et que j’ai sans doute beaucoup de chance de le vivre.

    Nous sommes nos envies, nos actes, nos pensées les plus secrètes, notre courage, notre liberté ; tout le reste est vraiment secondaire.

  13. Je ne vais pas être originale en disant que j’ai plusieurs peurs. Plusieurs peurs qui m’accompagnent depuis un certain temps. Ma plus grosse peur est de me réveiller un matin vieille et de me rendre compte que je n’ai pas vécue ma vie, mais que je l’ai subie. Depuis que je suis adolescente, j’ai l’impression de vivre à travers une vitre et de voir les autres vivre leur vie, naturellement! Mais à côté de cela, je fais du théâtre depuis l’âge de 12 ans et me sens vivante alors que je ne suis pas moi, mais un personnage. Les autres me regardent et j’ai l’impression d’exister!! Et puis les années passent, les copines ont leur petit copain, pas moi. A cause de ma timidité, du fait que je me trouve moche et pas à la hauteur!! Puis, ce sont les premières relations sérieuses (toujours pour les autres). J’en ai eu mais toujours des très courtes (je peux dire maintenant que je suis toujours tombée sur des mufles, à l’époque).
    Et puis en parallèle, j’avais ma petite soeur (trois ans de moins que moi), qui elle, a eu la vie normale que je voulais avoir: des petits copains, puis Le petit copain et l’année prochaine, elle se marie!! Et moi?…toujours une célibataire avec des aventures sans lendemain. Je sais que ma soeur sera maman avant moi!!
    Et voilà, cette année, (en septembre), j’ai eu 30 ans…30 ans ce n’est pas vieux et pourtant, presque toutes mes amies sont mamans, avec une vie de couple!! Je me focalise pas dessus mais cette peur m’empêche aussi de vivre ce que j’aurai voulu faire: comédienne. La peur de monter sur Paris, la peur de me confronter à la vie d’artiste, à l’incertitude du lendemain, à l’instabilité!! Je me dis qu’il n’est pas trop tard, et c’est peut-être le moment d’oser être ce que je suis: pas comme tout le monde!!
    Alors merci « Célinette » pour ces articles, qui nous poussent à s’exprimer, à se dévoiler!! Je tiens à préciser que je ne suis pas le genre déprimée, que je souris tout le temps et que je suis de nature joyeuse!!

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