Tag

histoire

Browsing

[cs_content][cs_element_section _id= »1″][cs_element_row _id= »2″][cs_element_column _id= »3″][cs_element_text _id= »4″][x_gap size= »20px »][cs_element_headline _id= »6″][/cs_element_column][/cs_element_row][cs_element_row _id= »12″][cs_element_column _id= »13″][x_gap size= »20px »][cs_element_text _id= »15″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »16″][x_gap size= »40px »][cs_element_image _id= »18″][x_gap size= »20px »][cs_element_text _id= »20″][/cs_element_column][/cs_element_row][cs_element_row _id= »25″][cs_element_column _id= »26″][x_gap size= »20px »][cs_element_headline _id= »28″][x_gap size= »20px »][cs_element_text _id= »30″][/cs_element_column][/cs_element_row][cs_element_row _id= »36″][cs_element_column _id= »37″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »39″][cs_element_text _id= »40″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »41″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »43″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »44″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »46″][/cs_element_column][/cs_element_row][cs_element_row _id= »50″][cs_element_column _id= »51″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »53″][cs_element_text _id= »54″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »55″][x_gap size= »40px »][cs_element_text _id= »57″][/cs_element_column][/cs_element_row][cs_element_row _id= »62″][cs_element_column _id= »63″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »65″][cs_element_text _id= »66″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »67″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »69″][/cs_element_column][cs_element_column _id= »70″][x_gap size= »20px »][cs_element_image _id= »72″][/cs_element_column][/cs_element_row][/cs_element_section][/cs_content]

Parfois, souvent … Il m’arrive de me dire : bon ce soir, on est en mode sérieuse. On range ses petites affaires, on prend sa douche et on se couche tôt »… Mais quand l’ultime étape, cède à l’envie ça donne un : mince, il est 4h00 du mat, j’avais dit tôt le soir pas le matin …

Jeudi dernier, satisfaite de cette bonne résolution, de femme sérieuse, adulte et responsable, je m’apprêtais à me coucher… Pour me retrouver quelques heures plus tard, en boite de nuit, accompagnée d’un ex (que nous nommerons B.) et d’un couple d’amis.

Sur notre chemin de la nuit, nous croisâmes des nightclubbers … et invariablement des « réné-bourrés » ayant trouvé la lumière (extérieure) de la boîte de nuit pour les réconforter. Alors que B tentait tout son possible pour me reconquérir, un type, nous a interrompu pour lui dire un truc manifestement super important :

  • On se connaît que de vue, mais toi t’as de la gueule, t’es un mec classe ! On t’oublie pas.
  • Avec une prompte réactivité, B. lui a dit : Tiens passe plutôt le message à la jeune femme qui est à côté de moi :)

J’ai trouvé ça très drôle …

Bon sauf que le réné était vraiment bourré, qu’il n’a rien compris, et qu’il m’a dit :
– « Je suis désolée, j’aime pas les jolies filles ». Comme quoi toutes stratégies à ses petits accrocs ;)

Quand je suis entrée dans ce bar, j’avais une vingtaine d’années. Le week-end était toujours festif, il annonçait des éclats de rire et des découvertes. Il était LE moment attendu de la semaine. Ce soir-là, je marchais d’un pas confiant vers le bout du bar. L’ambiance tamisée me promettait milles surprises, la musique me faisait oublier les cours et mes amies me tendaient les bras pour mille confidences…

Mais dans l’entrée, un drôle de personnage attirait mon attention. Il avait une bouille venue de nulle part … Un visage digne d’un roman, des traits tout en rondeur, une large bouche, de grands yeux bleus… et un costume élégant.

Je l’ai regardé intriguée … me disant, il ne me plaît pas du tout … puis en un instant … Je l’ai vu s’animer… Ses gestes, sa voix, ses expressions corporelles …. Ses paroles claquaient comme un fouet. Un humour décalé, pertinent et insolent. Une culture et une vivacité intellectuelle qui fait monter l’envie … Des éclats de rire, comme une ponctuation à l’ironie…

Je l’ai observé du coin de l’oeil pendant une bonne partie de la soirée. Puis je me suis plongée dans les récits romanesques des derniers rebondissements de la vie sentimentale mes amies. J’allais partir quand quelqu’un m’a interpelé : « Bonsoir charmante jeune femme, êtes-vous venue jusqu’ici en tricyle ou en cyclomoteur ? » Je me suis dit « mais qu’est ce que c’est que ce fou ? »…. et j’avais raison.

Cet homme avait une façon de vivre qui ne pouvait pas vous laisser indifférente. Un don pour aller à l’essentiel, et ridiculiser le superflu. Une façon de vous toucher au coeur avec grâce et douleur. Un truc incomparable. Je n’ai jamais vu autant de culot mêlé à une si belle pudeur. Quand je le voyais rien ne me manquait. Je parlais avec une source de vie. Quand je me perdais, sa bienveillance comme une accalmie au milieu d’une fête, me renvoyait à mes propres erreurs sans bien plus de mots.

Il m’a aimé avec une vraie beauté. L’intimité face à la vie. La folie face au ridicule. Il me disait de ne jamais m’oublier, de ne pas succomber au conformisme, de rester la petite parisienne curieuse que je suis pour ne pas me scléroser dans cette ville de province. Il me claquait le visage avec des vérités, quand je n’osais pas et que je me cachais derrière des peurs. Et de facto, il me prouvait. « Tu n’oses pas Céline ! La vie est dure, la vie est courte, sors tes tripes vois toutes les potentialités ». Et dans le bar le plus chic de la ville, il montait sur un siège pour hurler qu’il m’aimait.

Je n’ai jamais eu autant de douceur.
J’ai pleuré devant lui pour un autre homme sans qu’il me juge.
J’ai compris qu’un chagrin d’amour, ne valait pas la peine d’abdiquer et d’oublier ses valeurs. J’ai vibré en découvrant qu’une attention pouvait devenir un trésor immense.

Et chez moi trône encore une de ses cartes, qui mentionnaient en grand caractère : « Et le bonheur ? »