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Vous comme moi, nous avons tous été un jour, surpris par le retour inopiné d’un ex, un « tu sais, je t’aimais comme un dingue, je ne t’ai jamais oublié » alors que c’était l’amour fou et qu’il vous a planté-là du jour au lendemain. Plus de son, plus d’image … Et souvent « oh mystère de la vie » soit l’ex revient pile quand vous venez de rencontrer quelqu’un d’autre. Ou encore, vos ex reviennent « tous » à la même période (avouons-le souvent à l’entrée de l’hiver). De ces moments surprenants, j’ai imaginé une vie que je ne connaissais pas pour ces gens-là. Une espèce de vie parallèle qui expliquerait de manière quasi-logique de tels agissements. J’ai imaginé que les ex revenaient tous à la même période, car ils étaient membres d’une association. L’association des ex de TheCelinette. Le point de départ étant …

L’admission au club des ex :

Mais comment se déroulent ces assemblées ? Là, au début, je ne vous le cache pas, c’est un peu le bordel. Le président de l’association, élu au suffrage arbitraire (pic nidouille, c’est toi l’andouille), pour un mandat de 6 mois, ouvre la séance :

  • Le président   – Bon les mecs merci d’être venus à la séance du mois de mars qui a pour ordre du jour « l’admission des nouveaux ». On est prêt, on y va !
  • Un bruit se fait entendre, celui d’une porte qui s’ouvre laissant apparaître la silhouette d’un retardataire.
  • Le président    – Jean-Jacques, il reste une chaise là-bas, je t’en prie assis-toi. Nous étudions aujourd’hui les requêtes de Pablo et Nicolas qui désirent adhérer à notre association reconnue d’utilité publique … par nous (gérer les ex ,c’est utile).

La dure réalité : tout le monde ne peut pas être un ex

Ce moment est décisif, les prétendants vont être fixés sur leur sort.

  • Le président (ton et regard graves) – Pablo, Nicolas … Vous n’êtes pas sans savoir que la notion d’ex est inévitablement subjective. Pouvez-vous nous exposer je vous prie, les faits en présence ?

Suite à de nombreux échanges de points de vue, et partage d’expérience, le pauvre Pablo s’est ainsi vu refuser l’accès à la dite association, au motif que le grattage de genoux lors d’une soirée un peu alcoolisée, était un fait insuffisant pour lui permettre d’accéder au statut de gentil membre. Il a insisté en disant qu’il avait essayé de m’embrasser dans le cou. Certains ont secoué la tête. On a même entendu murmurer un « c’est pathétique ». Je ne vous cache pas, que du haut de son tempérament hispanique, il est parti furieux, lançant, avant de claquer la porte :

  • « J’m’en fous j’suis à l’asso des ex de Monique ».
  • Le président – C’est ça, ben tu l’embrasseras bien de notre part !

David, au baiser fougueux et à la caresse si sensuelle, quant à lui a été félicité pour sa nouvelle admission. C’était facile, je suis arrivé avec une bouteille de chablis. Son point faible. Et … je sais faire les massages des pieds comme personne, selon ses dires. Regards consternés dans l’assistance, prise de notes pour certains. Abdel, ne dit rien bien qu’avant de partir, il lui glissa d’un air narquois « oui, mais il paraît que tu ronfles, enfin moi j’dis ça j’dis rien. »

Le mystère des ex qui rappliquent en même temps

C’est donc au cours de l’une de ces réunions de l’association, qu’ils fixèrent le nouvel ordre du jour hivernal : le retour du retour de l’ex… en groupe ! Action bien évidemment, soutenue par l’adage populaire : l’union fait la force. Hypolite est le nouveau président élu. Son grand talent d’observation, lui a permis d’affirmer que l’hiver il fait froid, et que de ce fait il fallait se rapprocher… d’une ex tendre et câline, en l’occurrence : moi. Du haut de sa nouvelle fonction, il ouvre la séance et prend la parole :

  • Le Président – Hé les mecs et si on a la rappelait tous, cette semaine ? »
  • Un gentil membre – Ben moi franchement, j’sais pas… Parce que la dernière fois elle m’a rhabillé pour l’hiver. Elle a une de ces mémoires c’est un truc de dingue. Elle se souvenait de toutes les saloperies que lui avait faite. Ouai, je sais j’suis hyper créatif ! Rires de l’assemblée qui le félicite.
  • Le Président (très obstiné quant à son projet) – Fédérons-nous ! Les femmes l’hiver, ont froid, et la Célinette est particulièrement frileuse.  Approbation dans l’assistance. Je suis persuadé qu’elle sera ravie d’avoir un homme pour lui tenir chaud. Bien évidemment, ceux n’ayant pas l’épaule confortable seront bannis de ce projet. Je ne souhaite pas donner de noms.
  • Huée dans l’assemblée – C’est dégueulasse ! Allégations mensongères !
  • Le Président – La stratégie, les mecs ! La stratégie !

Et c’est comme ça qu’en une semaine, je reçus des nouvelles aussi inattendues que surprenantes de plusieurs ex.  à la fois. Par contre, je vous le dis. Cette stratégie, ça ne fonctionne pas.

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai longtemps cru que mon bonheur dépendrait d’un changement de circonstances. Du changement très exact des faits qui faisaient que ce jour là, à ce moment là de ma vie, où je n’étais pas clairement heureuse. Car si on ne sait pas toujours quoi faire pour atteindre son bonheur, on a toujours ce sentiment aussi profond que juste, de savoir quand la vie peut encore être perfectible.

Petite je savais que je serai plus heureuse avec un autre contexte familial, avec un autre jouet, avec une tortue, avec d’autres lieux … Avec le temps je me suis aperçue que les circonstances sont assez peu influentes sur ma vie. Et que finalement, leur attribuer une si grande importance, c’est accepter de ne pas vivre sa vie. C’est accepter de concéder son courage à un fait. Se dire si ceci arrivait, je serai plus cela.

Or il n’en n’est rien. Je m’en rends compte là ce soir, de manière un peu plus tangible que les autres fois. Qu’on le veuille ou non notre façon de voir la vie, la modifie dans ses moindres détails. Je pense qu’on agit beaucoup plus sur les circonstances que le contraire. Là, derrière l’écran ça ne se voit pas, mais je modifie mon comportement sur certains aspects de ma vie. Parce que j’en ai enfin, le courage, parce que j’ai les idées plus claires. Et ça change tout un contexte, vraiment.

Là, ce soir je me rends compte que ce qui manque parfois à la vie, ce ne sont pas des circonstances mais du courage. Je me rends compte que ma nostalgie du passé m’a surtout servie à ne pas aller trouver les ressources en moi, à manquer de foi dans mon avenir, et d’investissement dans mon présent.

Bref, les choses changent.
Ca remue, mais c’est bien :)

Dans la vie, on croise des gens qui ont du désir pour nous, et j’avoue que c’est plutôt chouette. Voici un échantillonnage de différentes techniques de drague que j’ai rencontrées et parfois, subies au cours de ma vie de femme. Tous ces exemples ont été vécus …

I. Les dragues émouvantes :

– La drague adorable : celle qui dévoile son émoi, ses sentiments, son épanchement, avec la délicatesse d’un papillon, sans jamais vous importuner.
– La drague anonyme : celle qui dévoile sa fougue mais dont je n’ai jamais connu l’auteur.
– La drague qui passe par le regard : celle qui ne dit rien, mais dont le regard en dit beaucoup, à la folie, passionnément.
– La drague maladroite : celle qui veut mais qui ne sait pas comment faire, qui se prend les pieds dans un peu tout, et qui en devient terriblement atypique, attendrissante et qui vous fait craquer.
– La drague coquine : celle qui dit peu, mais qui dit clairement : OUI !

II. Les dragues surprenantes  :

– La drague atypique : celui qui vient vous trouver sur le « dance floor » pour vous dire « Ben ça fait une heure que je vous regarde de dos et je tiens à vous dire que vous êtes aussi belle de dos que de face »…
– La drague à retardement : celui qui vous dit qu’il craque pour vous depuis 10 ans, juste avant de prendre son avion pour Vladivostok. Qui se met à genoux pour vous alors qu’il a une jambe dans le plâtre.
– La drague jeun’s : celui qui vous dit : « hey madame je te trouve hardcore, j’te kiffe grave ! »
ou encore « ben franchement, ça fait plaisir de vous avoir Madame ça nous change des tonneaux qu’on nous colle d’habitude » mais aussi « Hey Madame, on pourrait prendre un verre ensemble ? » « Non » « hey c’est pas pour vous pêcho, hein ?! » … La perspective pleine de promesses : « Si tu viens passer le week-end chez moi, je te promets un marathon du sexe ».
– La drague adultérine directe : celui qui vient de parler avec émoi de son enfant né il y a quelques semaines, et qui vous propose dans les minutes suivantes de passer la nuit avec lui. Ben voyons et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier.
– La drague adultérine indirecte : celui qui vous drague comme un fou, et qui a un subit rappel de mémoire quand vous lui dites « ah tu es donc un célibataire qui vit avec sa petite amie ? » Et oui c’est parfois pratique les petites villes ;-)
– La drague prise de conscience immédiate : celui qui vous a déjà vu 10 000 fois mais qui subitement, là, d’un coup, inopinément, est foudroyé d’amour et d’attirance par vous… qui êtes accompagnée ce soir-là. Oui c’est le hasard, hein ?! Rien à voir avec le fait que là précisément, je sois avec mon amoureux. Non c’est un truc de fou, inexplicable peut-être même mystique. Ben oui ça doit être hormonal, d’ailleurs j’connais un super endocrinologue si tu veux.

III. Ceux à qui on dit NON.

– Le sympathique : celui qui garde le sourire et qui devient parfois un très bon pote.
– La volte-face : celui qui vous fait comprendre que maiiiiiiiiiis non pas du tout du tout… Ce n’est pas parce que je t’appelle tous les jours, que je t’envoie des tas de messages, en employant uniquement le champ lexical de l’amour que … Non, mais attend pas du tout, il y a une grosse confusion. Et qui rompt tout contact après le : non.
– Le double jeu : celui qui joue sur plusieurs tableaux et qui se fait prendre. Parce que oui les filles ont de l’intuition (parfois) et le sens de l’observation, et qu’elles parlent entre elles. Et que pour mentir faut avoir une super-mémoire, doublée d’une grande intelligence …
Là différentes options, celui qui avoue avec le sourire, qui tourne ça à l’humour. On rit un coup et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille conter fleurette à d’autres.
Le « qu’est ce que c’est que cette histoire » : y’a jamais eu personne d’autre que toi. Ca commence en général par un gros éclat de colère, un appel au scandale, monsieur est meurtri dans sa morale, dans la confiance qu’il avait mis aveuglément en nous. Puis ça se termine sur des triples gloups quand il est mis devant les faits accomplis. On clôt le débat et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille en baratiner d’autres.
– Le mauvais perdant : celui qui vous a trouvé géniale, méga cool, brillante et extraordinaire, et qui suite à un NON, vous trouve : ordinaire, vraiment pas subtile, pas attirante et tutti quanti … Mais qui reste quand même de manière insistante pour vous le dire. Ben si je ne suis pas à la hauteur pourquoi tu es encore là ? On clôt le débat et on le raccompagne gentiment vers la porte pour qu’il aille en emm… d’autres.

J’aimerais que ceux-là comprennent que je ne leur dit pas non parce qu’ils sont nuls, insignifiants ou autre raison. Je leur dis non parce que je ne suis pas attirée tout simplement.
C’est pas la peine de s’énerver pour ça. Parce que ça ne changera rien à rien.

PS : je présente mes excuses, aux hommes que j’ai pu heurter (je me dis qu’on est toujours le boulet d’un autre)

PS : merci aux hommes qui ont traversé ma vie avec douceur, qui m’ont procuré mille trésors que la vie de couple apporte et avec lesquels nous avons su nous délier sans dénier.

Photo réalisée par Aline Lunau