Depuis le début de l’année, j’ai eu la surprise joie de recevoir six demandes en mariage, par des hommes affirmés de 8 à 42 ans. Le fait que le contexte de ces demandes aie été diurne et parfois assez alcoolisé ne doit pas faire porter l’ombre d’un doute à la clairvoyance de ces déclarations. Face à cette situation, je me suis dit qu’assister à plusieurs cérémonies, me donnerait des idées pour l’organisation de ce genre de festivité (comment inviter la famille de six hommes, par exemple ? ). J’ai donc conclu mon “été mariage” par la très belle cérémonie bucolique de Sophie & Richard.

Mariage des amis : les jours précédents

Prémisses J-2 : l’important est de bien se préparer pour ce genre de célébration. Pour ma part l’avant veille j’ai opté pour une indigestion (écœurée j’ai donc dû décaler mon arrivée au Manoir).

Prémisses J-1 : le soir je vais enfin mieux. Ravie je vais dîner chez une autre Sophie (histoire d’être déjà dans le bain). Là : sortie, champagne, bavardage, champagne, mise au point avec le videur à l’entrée du bar :”et sinon à part laisser rentrer surtout des types moches dans ce bar, vous faites quoi dans la vie ?”, champagne, début de tentative d’entraînage de tout le monde en discothèque, champagne, mise au point avec ex-amoureux qui n’avait rien demandé mais qui passait par là. Résultat 2h de sommeil dans les dents avant de partir pour le mariage. Ca va être rude !

Mariage des amis : le jour J !

Le jour J : Levée 6h du matin direction Paris.

8h41 / Gare de l’est : entrée timide dans une pharmacie :
– Bonjour Madame, j’ai mal au ventre …. (hésitations, puis) … Bon je ne vais pas vous mentir, j’ai bu trop de champagne hier !
– Chouette une bonne vivante ! J’adore ça ! Et puis hey entre nous c’est tellement bon le champagne ! Vous avez vomi ?
– Non, j’suis hyper fière de moi ! Par contre à mon avis une petite boite de citrate de bétaïne ça serait un plus ;)

Le jour J : s’acheminer vers la cérémonie :

9h30 / Gare Montparnasse : je commence à croire que cette gare vaugirard 3, est une vaste illusion, je tourne avec mon sac affreusement lourd depuis 10 minutes. Je demande mon chemin à deux personnes de la SNCF : “alors c’est simple vous allez tout droit , ensuite après le tapis roulant toujours tout droit, puis après le panneau vous continuez encore tout droit ….” Autant vous dire que cette gare c’est le bout du monde !

12H / Gare de l’Aigle : je suis accueillie par Agnès charmante professeur de chant, qui me demande de chanter du Barbara. Je lui explique posément que pour le bien-être des invités je vais devoir décliner sa proposition.

12h01- 12h36 : Matisse son fils, 5 ans, m’explique tous les avantages de la voiture tunning qu’il vient d’avoir.

12h37 : toujours pas convaincue par le tunning.

Le jour J : l’arrivée au Manoir.

12H38, Manoir Lavalière : je tente de faire la bise aux 80 personnes présentes. Comme je fais 4 bises par personne, ça m’a donc pris un certain temps.

13h, Chambre les Oiseaux : Les invités avaient eu la bonne idée de donner un nom aux chambres de la maison et d’y apposer des noms. Me voilà donc au premier étage du Manoir. Mes compagnes de fortune sont notamment : Sabrina, Leïla, et Sandrine. Une chambre de filles savamment choisies par nos adorables hôtes. J’ai eu l’impression d’avoir 15 ans, d’être en colo. Mes seules préoccupations furent : rire, dire des blagues un peu naze, ricaner, nicasser (nicasser veut dire rire un peu bêtement, c’est un terme champenois), bref rire. Du bonheur en barre.

13h30, préparatifs et mise en beauté : je suis enfin prête pour la cérémonie ; habillée, maquillée, brushinguée. Mais mes deux heures de sommeil de la veille me giflent les tempes. J’opte pour une petite sieste. Sandrine souligne que je risque de froisser ma tenue. Je proteste vivement.
– T’inquiète ma belle, j’ai une super technique, je dors comme Ramsès (ce qui signifie : les bras en croix sur la poitrine comme une petite momie dans son sarcophage).
Résultat : tenue impeccable, brushing complètement foutu.

16h, cérémonie civile : la mairie étant ravissante mais minuscule nous assistons au mariage en passant la tête par les fenêtres. Nous essayons de ne pas rire devant le discours du maire qui écorche les noms des mariés autant qu’il le peut. 

17h30, bénédiction des époux : faites par leurs amis, sous les arbres centenaires du Manoir, les rubans accrochés aux branches, les couronnes de lierre… Des poèmes, des extraits de livres, des chansons. Les textes étaient très bien choisis. Tout le monde a versé sa petite larme (penser à mettre du maquillage waterproof).

18h30 – 6h30,  à divers endroits du Manoir :

  • Vin d’honneur : rire, champagne, rire, remarque pertinente de la mariée “dis donc, y’a déjà plus de saucisson”.
  • Recommandation générale de la mariée “ne fréquentez pas trop yoyo il fait bourdes sur bourdes”.
    Découverte du plan de table : yoyo est à la nôtre.
  • Le Banquet : la serveuse en « speed » nous demande un peu sèchement si on veut de la sauce au Roquefort avec nos pommes de terre. Je refuse catégoriquement de lui répondre, décrétant que cette question est trop intime et que nous ne nous connaissons trop peu.
  • Fin de repas : Leïla semble ne plus vouloir me parler tant que je continuerai à manger du camembert Normand.

23h30, ambiance « que calor » sur le dancefloor : la suite du mariage a été marquée par un véritable marathon de la danse, auquel la fine équipe a pris partie avec le plus grand sérieux : chant, chorégraphie, retirage de chaussures, d’accessoires, changements de tenues …

00h30, Ah bon ? : bien que n’ayant rien demandé, je me retrouve sur le dancefloor, face au marié à demi-nu (il lui restait un caleçon et une paire de lunettes). Le pauvre a juste commis la maladresse de venir sur la piste de danse au moment où le DJ avait décidé de passer “You can leave your hat on”. La foule en liesse a eu raison de sa pudeur.

1h30, les conversations deviennent dures à comprendre :

Yoyo s’avance vers moi d’une démarche assurée (ce qui n’est pas une mince affaire quand on zizague) :
– Hé t’es vachement cartésienne comme fille !!!!
– Pardon ?
– Ben ouai tu danses en binaire !
C’est là que j’ai lâchement décidé d’abandonner toute conversation avec le fameux yoyo.

2h30, l’argumentation devient fébrile :

TheCélinette – Saaaaaaaaaaaabrina ! Tu es mon maître, je te dois tout !
Sabrina – Pourquoi ?
TheCélinette – Non mais attend ! Tu fais trop trop bien la chorégraphie du Zombie sur Thriller ! Moi je ne comprends pas comment une fille aussi belle que toi et qui fait si bien le mort vivant soit toujours célibataire ?!!!
Sabrina – C’est peut-être parce que je fais ce genre de chorégraphie que je suis célibataire !
TheCélinette – Ah, oui, ça se tient !

3h30, les lectures deviennent douteuses :

La salle de danse était improvisée dans la bibliothèque du Manoir, qui contenait des ouvrages des plus sérieux dont ce livre surprenant …
– Regarde ça Céline, un livre fabuleux : Jean-Claude Bourret parle des extra-terrestres.
– (moi) Je trouve qu’il porte bien son nom ce Jean-Claude.
– Il se pose des questions fondamentales que personne n’a osé soulever sur les extra-terrestre (il me lit ce passage surréaliste) : Les extra-terrestre payent-ils des impôts ? Ont-il des poils partout ?
C’est là que j’ai compris que si cet homme continuait à avoir ce genre de lecture, la DASS allait retirer ses enfants.

4h30 / … : Ahhhhhhhhhhhhhh !!!! Hiiiiiiii !!!!!
5h30 / … : Oh yeahhhhhhh !!!!
5h58 : je regarde la mariée, elle est toujours aussi belle même au petit matin. Je reste persuadée que quand on se marie on nous donne un antidote qui sublime notre beauté.
5h59 : sauf que Sophie je l’ai toujours trouvée belle.

6h00 : dooooooooormir !
6h01 : je réalise que je ne peux pas allumer la lumière de la chambrée, Sandrine dort. J’m’en fou, j’ai pas peur, j’suis une warrior! Yeahhhhhh !!!!
6h02 : merde, j’ai quand même des lentilles à retirer.
6h03 : éclair de génie : il n’y a pas de liste d’attente pour la salle de bain entre 2h12 du matin et 7h47, j’occupe la place avec délice pour les retirer et me démaquiller.
6h20 : je suis enfin prête à dormir.
6h21 : je constate que j’ai dancé pieds nus une bonne partie de la nuit et que mes origines pied-noires deviennent cruellement concrètes.
6h22 : retour à la salle de bain avec grâce et volupté (enfin, je crois)
6h30 : enfin dans mon lit en mode ramsès’like  :)