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En avril 2006, après avoir découvert des blogs, je me risquais à ouvrir le mien, en rédigeant mon premier article. La communauté blog était bien plus petite et une belle solidarité liait ceux qui posaient leurs mots sur ce média émergeant.

Rapidement, je reçus des commentaires et des encouragements. Parmi les blogueurs, chacun y allait de sa thématique : les livres, la mode, la politique, la cuisine, le marketing, etc., . Pour ma part, j’ai choisi le quotidien de la vie. J’y épanchais mes états d’âme mais aussi l’humour que recèlent mille et unes situations.

J’aime les gens. J’aime le contact, les sourires donnés par des passants, comme ça pour rien, pour le plaisir d’échanger. Et j’aime prolonger ces instants de poésies avec ma sensibilité et mes mots.

Ici pas besoin d’être écrivain, juste l’envie de se sentir vivre. On pose ses mots sans prétention.

Aujourd’hui, je pose mes web-valises chez WordPress, faire migrer plus 7 ans de blog et environ de 800 articles va me prendre du temps (je suis obligée de le faire à la main, merci Hautetfort !).  Je vous demande donc de la patience, et de la compréhension car je vais perdre vos commentaires (quelle tristesse cette interaction me touche tant).

Je profite  de cette migration pour vous rendre hommage. Vous qui parfois, depuis des années me lisez. Vous qui à votre manière aussi me soutenez (parce que la vie nous malmène aussi). Et toi, et toi, et toi … Que j’ai rencontré grâce à Internet et qui depuis est mon ami(e).

Ecoutez-moi, je reviens vous écrire …

J’aime être avec un homme. Me nicher au creux de son épaule, découvrir sa peau douce. Le voir trébucher, me moquer un peu. Le regarder me cuisiner un petit plat puis me servir un verre de vin. J’aime lui piquer son gel douche. Regarder sa tête le matin. Etre prisonnière de ses bras la nuit. J’aime tout ça compulsivement !

Mais je n’aime pas le mâle qui déchire la douceur de son manteau pour devenir tout vert, les cheveux hirsutes et le rouge aux dents. Parce que je vous le dit, il y a des matins d-a-n-g-e-u-r-e-u-x !

Vous vous êtes endormie comme une conne fée au creux de celui que vous chérissez. Et vous vous réveillez en lui souriant. Et là déjà il à l’oeil louche. Prudente vous faite un tour d’horizon, et vous prononcez son nom (sans vous tromper c’est beaucoup mieux). Bon il répond c’est un bon point c’est bien le même.

Mais tout de même il à l’oeil glauque, le sourcil mou, le teint qui ment… Ca ne présage rien de bon.

– Ca va ?

Pauvre de moi, erreur de débutante, glissement de terrain, suppression de soldes… LA phrase à ne pas dire. La boite de Pandore, le gouffre sans fin… Bref le début des emmerdes. C’est effectivement là que Monsieur vous déballe tout : le genou qui saigne, le pied qui gratte, la mandoline qui coince. Bref il a une vie affreusement tourneboulante et du coup, c’est bien normal il est perdu.

– Mais mon caillou, t’es pas perdu, tu es dans le lit comme hier soir ?

Là il est très important pour lui de refaire le coup du regard flou (l’objectif étant de regarder le lampadaire du plafond comme on tente de synthétiser en trois paroles le discours de la méthode, la mystique juive et le pacte secret de Chaumont).

Alors il vous explique que le genou qui saigne, c’est comme de l’hémoglobine qui coule, qu’un pied qui gratte c’est comme des orteils qui démangent, qu’une mandoline qui coince c’est comme un instrument victime de couac. Bon en fait vous aviez déjà tout compris tout simplement parce que vous aviez déjà écouté la première version mais vous restez sage, parce qu’interloquée.

– Ahhhh voui vu comme ça !

C’est le moment de réagir, de prendre sa douche et d’écrire sur son corps « Hic jacet ».

Parce qu’une douceur qui disparait c’est un bonheur qui doit voir le jour … ailleurs :)

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai longtemps cru que mon bonheur dépendrait d’un changement de circonstances. Du changement très exact des faits qui faisaient que ce jour là, à ce moment là de ma vie, où je n’étais pas clairement heureuse. Car si on ne sait pas toujours quoi faire pour atteindre son bonheur, on a toujours ce sentiment aussi profond que juste, de savoir quand la vie peut encore être perfectible.

Petite je savais que je serai plus heureuse avec un autre contexte familial, avec un autre jouet, avec une tortue, avec d’autres lieux … Avec le temps je me suis aperçue que les circonstances sont assez peu influentes sur ma vie. Et que finalement, leur attribuer une si grande importance, c’est accepter de ne pas vivre sa vie. C’est accepter de concéder son courage à un fait. Se dire si ceci arrivait, je serai plus cela.

Or il n’en n’est rien. Je m’en rends compte là ce soir, de manière un peu plus tangible que les autres fois. Qu’on le veuille ou non notre façon de voir la vie, la modifie dans ses moindres détails. Je pense qu’on agit beaucoup plus sur les circonstances que le contraire. Là, derrière l’écran ça ne se voit pas, mais je modifie mon comportement sur certains aspects de ma vie. Parce que j’en ai enfin, le courage, parce que j’ai les idées plus claires. Et ça change tout un contexte, vraiment.

Là, ce soir je me rends compte que ce qui manque parfois à la vie, ce ne sont pas des circonstances mais du courage. Je me rends compte que ma nostalgie du passé m’a surtout servie à ne pas aller trouver les ressources en moi, à manquer de foi dans mon avenir, et d’investissement dans mon présent.

Bref, les choses changent.
Ca remue, mais c’est bien :)