Parce que mes deux dernières journées m’ont semblé être l’éternité, parce qu’à l’instar de Félix dans le Père Noël est une ordure, j’ai les jambes en coton-tiges, j’ai décidé d’aborder cette situation qui me ronge les tripes sous l’angle humoristique :

J’observe avec tendresse que même dans ces moments délicats, ma mère connait parfaitement mes goûts, et plus particulièrement mon addiction à Apple. Elle a déclaré le même cancer que Steve Jobs (cancer du pancréas). Face à la maladie, il faut avoir le courage de regarder la vérité en face.  En remplissant pour ma mère,  le formulaire pré-anesthésie, j’allais répondre à la question « avez-vous des allergies … au préservatif ».  Quand j’ai demandé : « dis-donc maman, il a prévu de faire quoi exactement avec toi, ce médecin ? »

Il faut savoir dans ces moments mettre tout en place pour que la quiétude du patient soit privilégiée et voir la vie du bon côté.  Aujourd’hui, je retrouve ma mère alitée devant la télé.

  • Tu regardes quoi ?
  • Maigret
  • Ah
  • Je l’ai déjà vu 3 fois cet épisode.
  • Ah ben c’est bien, t’aura pas de choc émotionnel quand il va révéler le nom du tueur.

Voir sa mère se tordre de douleur, c’est assez insoutenable. Tout à l’heure, je n’en pouvais plus. Je me suis levée pour aller voir les infirmières. Là, je m’attendais à les trouver dissertant dans un jargon médical sibyllin quand j’entendis « la patiente, elle avait de ces nibards j’te jure ». « Mesdames, bonjour ! ».

Moi je dis que dans des situations aussi critiques toutes les thérapies sont à envisager. C’est alors que j’ai suggéré à maman de prier Jean-Paul II, lui affirmant que s’il avait sauvé une femme de Parkinson, il allait pas chipoter avec une tumeur de 4 cm. Je lui ai affirmé que la tumeur allait disparaître laissant place à une petite cicatrice en forme de Jesus en croix qui se verrait au scanner. Que nous allions le revendre sur Ebay et devenir riche. Les médicaments ne doivent pas bien marcher parce qu’elle ne m’a pas cru.

Ah j’vous jure !