Ce matin après une visite chez un étiopathe, une autre chez un médecin et deux autres chez un ostéopathe, mon mal au dos est toujours là. Si maman avait encore été vivante, elle aurait très bien su comment cela se serait passé. Je l’aurai appelée, et et avec mon humour douteux, je lui aurais solennellement annoncé que j’allais porter plainte contre elle pour vice de forme.

Ma mère était douce. Dans ces cas-là, elle levait les yeux au ciel en secouant la tête.

Une autre fois, toujours dans cette démarche de vices de forme, j’avais tendu ma jambe devant elle, et soulevé mon pantalon.

  • « Alors qu’est-ce qu’on dit? Qu’est-ce que tu vois ? »
  • Ma pauvre maman surprise, me regardait sans bien comprendre. « Ben, je vois une jambe ».
  • « Pas seulement, maman, tu vois une jambe avec dessus ses petits amis : les poils ». Ma mère faisait partie de ces rares femmes imberbes, n’ayant jamais eu besoin de s’épiler. « Alors, je te le demande d’adulte à adulte … Pourquoi tu m’as mis des poils sur les jambes ? »
  • « Mais, je n’ai rien fait !!! « 
  • « Maman quand on aime les gens, on ne leur met pas des poils dessus. On peut faire un enfant, sans s’amuser à lui coller des poils disgracieux. Je t’aime fort tu sais, mais parfois vraiment, je ne te trouve pas sérieuse ».

Ces situations farfelues me manquent. Alors, il y a quelques jours, puisque c’était son anniversaire, je n’ai pas pleuré, j’ai souri en la remerciant pour tous ces moments et pour m’avoir donné un des plus beaux cadeaux : savoir tourner en dérision les petits tracas du quotidien comme les plus grands.