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Comme une flopée de gens, je me suis ruée à une époque sur une machine à pain. Ok,ok, on peut pétrir le pain avec amour et persévérance en regardant ses enfants manger une brioche. Mais moi, je regarde la machine à pain avec autorité, je lui dit « Allez ! Au travail » (je rajoute « feignasse », quand je suis de mauvaise humeur) et elle pétrit comme une grande.

N’en n’étant pas moins courageuse et en ayant marre d’aller acheter de la levure à la boulangère qui comprend alors très bien pourquoi je ne lui achète pas de pain, j’ai décidé de faire mon propre levain. Oui Madame ! Voici donc la recette pour pouvoir briller en société et dire « Ouiiii Mâdame, je suis un peu boulangère ». Le levain, ennemi du pain raplaplat, a besoin pour s’épanouir des mêmes choses que l’homme : de la nourriture, de la chaleur, et à boire. Comme quoi la vie est bien simple, en somme. Donc nos ingrédients de bases à mélanger à part égale, sont :

  1. de la farine (de préférence complète);
  2. de l’eau (filtrée ou en bouteille);
  3. et une température assez chaude entre 18° et 30°, l’idéal étant 25°.

Personnellement j’utilise des ingrédients bio. Bien sur vous pouvez prendre des ingrédients industriels et chimiques mais vous allez mourir dans d’atroces souffrances. Si, si, si c’est vrai !

Bon, tout ça c’est bien gentil mais que se passe-t-il à l’intérieur du dedans de cette potion qui n’a pas l’air magique, alors qu’en fait si ? A l’intérieur de ce monde magique vivent tout un ensemble de bactéries et de levures. Alors qu’innocemment, l’air va entrer en contact avec cette pâte, les ferments présents dans l’air, vont s’associer aux bactéries et aux levures pour enfanter et créer le monde merveilleux du levain.

Il vous suffit d’attendre quelques jours pour obtenir un levain. Vous pouvez alors en prélever une partie (30 à 60%), puis rajouter de la farine et de l’eau sur le résidus qui vous produira asap un nouveau levain. Et vous voilà avec un ami levain pour la vie.

Recommandations :le levain c’est un peu le tamagoshi du boulanger en plus réel.

  1. J’aiii faim ! Il a besoin de nourriture (le sucre, c’est à dire l’amidon, présent dans la farine). Alors on lui donne bien régulièrement à manger. Lorsque votre levain dîne, il est rapidement « ballonné », bref, il rejette du gaz (CO2, éthanol …). Quand vous voyez donc des petites bulles se former c’est bon signe. Tout le monde est vivant, et ripaille de bon coeur.
  2. J’aiiii froid ! On vous l’a dit, il a besoin de chaleuuuur. Maintenez-le à la même chaleur. NB : à partir d’une température de 4°, il ne se reproduit plus (remarquez-moi non plus).
  3. On étouffe là-dedans ! Cet animal de compagnie nouvelle génération, a besoin d’air pour respirer. Donc surtout, pas de pot hermétiquement fermé. Sinon, tout comme nous, il meurt

Alors, bien sur parfois le levain meurt, c’est un peu triste mais c’est le jeu de la vie. Soyez fort et recommencez tout depuis le début.

Les avantages de la méthode :

  • Avoir du levain à moindre coût.
  • Pas besoin de matériel précis.
  • La fierté d’avoir SON levain :)

Si vous voulez plus d’infos sur le sujet, vous pouvez toujours en parler à votre boulanger, qui est quand même le véritable expert sur le sujet.

Aujourd’hui, la température a posé ses mains sur mon visage, me rappelant que l’hiver était là, bel et bien là. Alors j’ai superposé plusieurs pulls en mohair gris sur mon corps, et je suis sortie la rejoindre. J’ai déambulé dans Troyes, me délectant du soleil, de notre joli patrimoine médiéval et de la sympathique présence de plusieurs amis.

Suite au bilan baladesque, nous pouvons dire que … :

– J’ai joyeusement fait claquer mes souliers sur les pavés de la ville.

– Faire son marché le dimanche, rime souvent avec embuscade. Le bonjour devenant alors un « Céline as-tu un verre ? » « Non, non je file, j’ai des surgelés »… Jusqu’à ce que je m’aperçoive que la bouteille mentionne fièrement « Cheverny » de la maison « Tûe-Boeuf ». C’est dans ces moments là, que ma volonté devient très très faible. Vive les sacs isothermes :) S’en suivent moult discussions, sur la prise de nouvelles de chacun, le niveau d’informatique de Sylvain (j’ai prétendu que son ordinateur était un Thomson MO5, il a vivement protesté), ainsi qu’un comparatif esthétique entre la Cathédrale de Chartres et et sa zone industrielle.

– En compagnie d’autres joyeux drilles, j’ai passé la pancarte « chantier interdit » pour voir l’avancée des travaux de la bourse du travail (rassurez-vous rien n’a changé. Je soupçonne les ouvriers d’être partis vers d’autres horizons). Par la même occasion, nous avons croisé un homme dont le strabisme et le discours n’était pas sans me rappeler frère Rémigio de Varragine dans le Nom de la Rose (ce qui est plutôt de circonstance pour une balade historique).

En rentrant, je méritais amplement une petite douceur hivernale. C’est pourquoi je me suis attelé à la tâche, en cuisinant une petit soupe au céleri parsemée de bleu d’Auvergne (recette suggérée par la belle Sabrina).

La recette : Du céleri coupé en morceau, que j’agrémente de blancs de poireaux. On ajoute de l’eau mais pas trop (pour que ça reste consistant). Durée de cuisson : célinomètre*. Puis on mixe et on ajoute des petits bouts de bleu d’Auvergne (quantité selon les goûts, pas besoin d’en mettre beaucoup). Un filet d’huile d’Olive si l’humeur vous le dit :) Je sale avec du sel de légumes.

* Niveau proportions et quantités, et temps de cuisson : j’utilise le Célinomètre qui est une variante du pifomètre.

Vous n’êtes pas sans savoir que je vis dans la belle ville de Troyes, haut lieu Templier. J’ai donc décidé pour leur rendre hommage de moi aussi partir en croisade, mais comme je suis une fille (escarpins, petite robe, vernis et tutti quanti) je vais partir à la conquête de bulles :) Ce week-end c’est la route du champagne, une belle opportunité pour se marier avec découvrir les viticulteurs de la région.

Sachez que ma croisade sera une noble quête puisque la préservation du Champagne sur Reims a été permise grâce au Clergé (notamment celui de l’abbaye de Saint Pierre au Mont). D’ailleurs, Dom Pérignon (puisse Dieu bénir ce saint homme) était un moine de l’abbaye bénédictine d’Hautvillers. C’est un peu tabou mais ça boit sévère dans la confrérie ;)

Bon ok c’est surtout Louis Pasteur qui a maîtrisé l’effervescence de ce vin (d’où la volonté de Balbc d’aller faire sa thèse à l’institut Pasteur, dans le but d’y boire à foison… amère déception pour cette brillante femme qui dû coup s’exila en Helvétie). Certains l’ont surnommé le vin du Diable je vais donc rester raisonnable dans ma consommation histoire de ne pas somnoler comme un ourson ;)

 

En matière de vins, autant être honnête je n’y connais rien …
Devant le vin, je suis comme devant la nourriture, j’ai toujours 5 ans, je sais seulement dire « j’aime » ou « j’aime pas ». Quand j’aime je me délecte, je sautille, j’ai des yeux pétillants et un sourire chantant. Quand je n’aime pas, je ne mange/bois pas ! Plutôt mourir de faim / soif.

L’autre jour, j’ai reçu ma môman, alors je voulais lui faire plaisir autour d’un bon repas, d’un tendre pain et d’un bon petit vin. Comme je bois rarement, quand l’occasion se présente j’honore mes papilles. Pas forcément avec un vin cher mais toujours avec une belle trouvaille.

Et comme mon érudition en vin est à la hauteur de mon talent en patin à glace, c’est à dire proche du néant … Je remets régulièrement mon destin d’apprentie oenolophile, entre les mains du tenacier d’un bar à vin de ma ville.

C’est toujours la même histoire …
Je me décide : aujourd’hui j’achète une bouteille pour faire plaisir à quelqu’un.
Alors, je deviens toute timide. Mes pas arpentent les pavés médiévaux de la ville, avec le claquement propre à mes bottines de femme trottinante. Filant droit vers le marché couvert de la ville, je prends cette entrée là. Celle qui donne juste à côté de la case du vendeur de vin.

Je regarde l’étal, ses bouteilles et … je suis perdue.
Alors il me sourit avec sa bonne mine à lui, toujours souriante. Je lui souris aussi. J’hésite toujours un peu. Il s’approche, on se fait la bise. Il me regarde et je lui dis de suite, moi je n’y connais rien en vin. Il me dit c’est pas grave tu apprends, tu aimes quoi ? Le Cheverny de chez Tue-boeuf et le Champagne Vouette et Sorbée … Le reste je ne retiens pas …
Il me sourit et je lui plante le décor : qui je vais recevoir, ce qu’il ou elle aime, ce que je prévois de cuisiner, bla bla bli bla bla bla …

Là l’aventure commence, il scrute, il observe puis il évoque. Et si mon minois, marque une expression d’accroche, il propose. Il ne vend pas son vin, il le raconte.
Quand il me propose sa trouvaille commence alors un moment incroyable. Son visage s’éclaircit, ses yeux s’animent. Et là, on est avec lui, dans les coteaux, on arpente les vignes, on sent le vent frais sur ses joues. On écoute la particularité du cépage, le travail du viticulteur, sa philosophie. L’histoire du vin, de son nom, sa saveur, ses surprises, ses ressemblances et sa singularité. Quelqu’un qui vous parle avec passion est toujours hors du temps. Et dans ces moments-là, je voyage toujours un peu.

Moi, ça m’intimide terriblement. J’écoute, j’observe et je fais tout mon possible pour tout bien retenir… Et quand j’arrive à la maison, je m’exclame pleine d’enthousiasme : « hé ben maman, ce vin c’est un vin particulier parce que … parce que … parce que… mince, il a dit …. euh bon enfin …. goutons le ! ». Et là je dis j’aime ou j’aime pas.

PS : le dernier vin que j’ai ramené de cette balade est un vin rouge du jura l’uva-arbosiana du domaine de la tournelle.