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[cs_content][cs_section parallax= »false » separator_top_type= »none » separator_top_height= »50px » separator_top_angle_point= »50″ separator_bottom_type= »none » separator_bottom_height= »50px » separator_bottom_angle_point= »50″ style= »margin: 0px;padding: 45px 0px; »][cs_row inner_container= »true » marginless_columns= »false » style= »margin: 0px auto;padding: 0px; »][cs_column fade= »false » fade_animation= »in » fade_animation_offset= »45px » fade_duration= »750″ type= »1/1″ style= »padding: 0px; »][cs_text class= »cs-ta-justify »]L’autre jour, sur un groupe de discussion Facebook d’entrepreneuses, une femme a eu le courage de dire qu’elle était au bout du rouleau. Que trop d’épreuves lui étaient tombées sur la tête récemment et qu’elle ne savait plus comment faire. Elle nous a demandé si cela nous était déjà arrivé et comment nous avions réagi. J’ai laissé un témoignage qui a eu pas mal d’échos. Du coup, je le transpose ici, pour prolonger le partage. Le jour où une amie a réalisé ce portrait en noir et blanc, c’était difficile parce que la lumière baissait mais aussi parce que je pleurais à chaudes larmes, certaine que j’avais à peu près raté ma vie. Je venais en deux ans de vivre :

– Le cancer du pancréas ma mère que j’ai vu agoniser avant de la perdre (le poids de l’impuissance) ;
– Un an plus tard mon couple volait en éclat car monsieur me trompait (globalement avec tout ce qui bougeait, un vrai détecteur de mouvements à lui seul) ;
– J’ai réalisé que je prenais de l’âge et que je n’aurais certainement jamais d’enfant alors que j’en ai toujours voulu ;
– Je vivais un gros moment de doute au niveau pro  (je n’étais plus heureuse ni motivée par mon travail);
– Ma situation financière était catastrophique (j’en suis venue à pouvoir me nourrir seulement une fois tous les 3 jours);
– On m’a viré de chez moi car le proprio vendait l’immeuble (sauf que j’étais en freelance et sans famille pas top pour louer un nouveau logement).

C’était particulièrement difficile car hormis l’amitié, aucun des secteurs de ma vie n’allait. J’allais avoir 40 ans et je me disais que j’avais raté ma vie. Est-ce que j’ai pensé au suicide ? Soyons clair, c’est une réalité. Je ne sais pas trop où j’ai trouvé la force (un peu chez moi, un peu chez mes amis et un dans la vie), mais j’ai mis des choses en place et ça a fonctionné à merveille. Je vous partage ma méthode …[/cs_text][x_gap size= »30px »][cs_text class= »cs-ta-justify »]Ce que j’ai mis en place :

  • Premier truc pas urgent mais qui m’a aidé : j’ai pris un chat. Je suis une fan d’animaux et j’avais besoin de présence chez moi / il est au top / ça m’a aidé sur le plan affectif ;
  • Voyant que je pédalais grave dans la semoule dans ma vie, j’ai réussi à me payer un coaching avec une boîte américaine (celle d’Anthony Robbins) sur des fonds que m’avait rendu l’URSSAF après 4 ans de séquestration. J’ai eu une super coach : Sophie Bizeul / elle est au canada et elle consulte par Skype.
  • Et je me suis investie … J’ai appris petit à petit repenser ma vie notamment en m’organisant mieux et en voyant certaines choses sous un autre aspect. C’était dur mais ça a porté ses fruits. J’ai structuré ce que j’apprenais en faisant des tableaux, en notant mes actions, mes résultats et en modifiant si besoin ma stratégie pour atteindre mes résultats.
  • L’urgence c’était les finances. J’ai pris les choses une par une en me stressant moins pour les impayés : je me suis dit tu vas les régler un par un / gestion très court terme / ça a fonctionné.
  • Epuisée, je me suis battue pour qu’on me reloge et qu’on me paye mon déménagement : je suis un dans appartement entièrement refait à neuf dans de l’ancien, le pied ;
  • Grace à l’aide d’une amie, j’ai trouvé un travail d’abord dans mon domaine pro de l’époque (communication digitale) même si j’étais en doute. Un an et demi plus tard, je quittais tout pour monter le job de mes rêves ( YesWeCards) et ça y est, j’en vis.

[/cs_text][/cs_column][/cs_row][cs_row inner_container= »true » marginless_columns= »false » style= »margin: 0px auto;padding: 0px; »][cs_column fade= »false » fade_animation= »in » fade_animation_offset= »45px » fade_duration= »750″ type= »1/1″ style= »padding: 0px; »][cs_text class= »cs-ta-justify »]Financièrement, ma situation s’améliore de jours en jours et je suis beaucoup plus dynamique et créative pour trouver des contrats et surtout j’aime travailler et je suis super motivée. Il faut dire que me trouve bien plus structurée. Je me suis rendue compte qu’il me manquait vraiment des bases dans la vie. Bien sûr, il y a encore une multitude de choses sur lesquelles je dois avancer mais je me sens en sécurité, confiante et heureuse.

Comme quoi, même quand on pense toucher le fond, on peut trouver des solutions. Puisez dans les livres, écoutez des auteurs inspirants, allez demander de l’aide (à l’Etat, aux gens, aux amis) tout peut finir par s’arranger même si la route est un peu rock’n’roll ![/cs_text][/cs_column][/cs_row][/cs_section][/cs_content]

Ce matin après une visite chez un étiopathe, une autre chez un médecin et deux autres chez un ostéopathe, mon mal au dos est toujours là. Si maman avait encore été vivante, elle aurait très bien su comment cela se serait passé. Je l’aurai appelée, et et avec mon humour douteux, je lui aurais solennellement annoncé que j’allais porter plainte contre elle pour vice de forme.

Ma mère était douce. Dans ces cas-là, elle levait les yeux au ciel en secouant la tête.

Une autre fois, toujours dans cette démarche de vices de forme, j’avais tendu ma jambe devant elle, et soulevé mon pantalon.

  • « Alors qu’est-ce qu’on dit? Qu’est-ce que tu vois ? »
  • Ma pauvre maman surprise, me regardait sans bien comprendre. « Ben, je vois une jambe ».
  • « Pas seulement, maman, tu vois une jambe avec dessus ses petits amis : les poils ». Ma mère faisait partie de ces rares femmes imberbes, n’ayant jamais eu besoin de s’épiler. « Alors, je te le demande d’adulte à adulte … Pourquoi tu m’as mis des poils sur les jambes ? »
  • « Mais, je n’ai rien fait !!! « 
  • « Maman quand on aime les gens, on ne leur met pas des poils dessus. On peut faire un enfant, sans s’amuser à lui coller des poils disgracieux. Je t’aime fort tu sais, mais parfois vraiment, je ne te trouve pas sérieuse ».

Ces situations farfelues me manquent. Alors, il y a quelques jours, puisque c’était son anniversaire, je n’ai pas pleuré, j’ai souri en la remerciant pour tous ces moments et pour m’avoir donné un des plus beaux cadeaux : savoir tourner en dérision les petits tracas du quotidien comme les plus grands.

Sébastien Lilli de l’INREES m’a demandé de jeter un oeil sur le dernier reportage qu’il venait de réaliser « sentiments d’éternité« . Les questions abordées sont : « Peut-on parler de la mort pour vivre mieux ? Que se passe-t-il vraiment quand la vie s’arrête ? ». J’étais à la fois flattée par ce partage, mais un peu angoissée à l’idée de le visionner.

J’ai toujours eu conscience que la mort était une des dimensions de la vie, qu’il fallait l’accepter avec simplicité. Mais les derniers évènements de ma vie m’ont rendue plus fragile, tout simplement parce que la mort on n’en parle pas. Ca dérange, ça met mal à l’aise. Pourtant souvent, je vous avoue, j’ai besoin d’en parler.

Alors ici, je vais faire tomber ma pudeur pour partager cela avec vous.

On imagine le corps résistant. Parce qu’on l’a toujours vu comme cela. Ma mère ne faisait pas son âge. On lui donnait facilement 10 ans de moins. Mais quelques jours après l’annonce de la maladie, son corps s’est transformé. Elle est devenue si fragile, si maigre. Comme si un nombre incalculable d’années l’avaient rattrapée. Ce fut mon premier choc, voir ma mère qui ne pouvait plus assurer elle-même ses fonctions essentielles. Un claquement de doigt et l’énergie s’en va.

Rentrer dans sa chambre était le moment que j’attendais le plus dans la journée mais il était aussi ma plus grande angoisse. Parfois sans jamais le lui dire, je restais quelques minutes dans le couloir, pour rassembler mes forces. Pour rentrer l’air normale, pleine de joie. Je tenais le cap, je riais, je prévoyais. Puis je sortais et au bout du couloir, je m’effondrais.

Sa mort, ma mère n’en n’a jamais parlé. C’était sa façon de ne pas abdiquer.

Ce jour-là j’aurai dû rester sur Paris, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai voulu rentrer à Troyes. Je suis venue la voir, son état physique était à peine supportable. J’étais terrifiée, je me suis assise à côté d’elle et je l’ai cajolée pour adoucir l’horreur de la situation.

La nuit tombée, j’ai cauchemardé. Je la rêvais immobile dans son lit, un air cadavérique, bouche bée, les traits figés. Je me suis réveillée en criant.

Assise dans mon lit, absourdie par le choc de ce rêve. J’ai tourné machinalement le visage vers mon réveil 4:50 du matin, c’était tôt, trop tôt. J’ai décidé de me lever, je me suis fait un thé. Puis j’ai mis une musique au hasard « I’m walking on sunshine » et me suis laissée bercer par les paroles de cette chanson.

Un demie-heure plus tard, on m’annonçait la mort de ma mère.

En allant chercher les documents administratifs, j’ai découvert l’heure de son décès 4:50.

Comme, l’une des personnes du reportage, j’ai pris ce rêve pour un aurevoir. Et je partage son opinion, une partie de nous meurt avec l’être cher. Une autre partie revit plus intensément, plus librement, avec une belle dose d’envies.

J’ai été touchée par ces témoignages et souvent je les rejoins. Vivre cela, m’a permis d’oser aimer. Le fait que je puisse mourir un jour m’indiffère mais je garde en moi cette notion si vibrante : ne perdons pas de temps !

Je vous conseille ce reportage qui donne la parole à des témoins dont l’histoire n’est pas toujours facile à partager en public. Si ces thématiques vous intéressent, sachez qu’elles sont abordées dans le prochain numéro du magazine n°14 Inexploré.

Un mois.

Un mois complet pour vider l’appartement de ma petite maman qui j’en suis sure trinque une coupe de Ruinart entre deux petits nuages blancs.

Quand début juin, j’ai demandé un mois off à mon boss, je me suis dit que ça faisait beaucoup. Mais comme je passais mon temps à pleurer et qu’au boulot, il n’y a même pas de nappe pour se moucher en réunion, je me suis dit que ça serait une bonne idée.

Là a commencé le déménagement de l’enfer : un mois complet à trier, tenter de vendre quelques trucs, transporter, chercher des solutions et des gens.Un mois rempli par cette activité (et la paperasse qui suit un décès). C’est pourquoi au cas, où un jour il vous arriverai la même chose j’aimerai vous prodiguer quelques conseils :

  • Interdisez à vos parents de mourir. Soyons honnêtes, ça me semble être une bonne base. Perso, d’entrée de jeu, quand nous avions appris le cancer de maman, j’avais été très ferme « Maman t’as pas le droit de mourir, parce que tu n’es pas encore grand-mère » – ce à quoi elle m’avait répondu « Oui ben dépêche-toi de tomber enceinte » et moi de répondre « T’es ridicule si ça se trouve dans deux heures je suis enceinte ».
  • Interdisez-leur de tomber malade. Parce que contrairement aux séries LES MEDECINS NE SONT PAS BEAUX et ça on ne m’enlèvera pas de la tête que ça joue vachement sur la guérison (et les grossesses bien sûr).
  • Tenez tête aux médecins. Moi j’avais été super ferme avec le chirurgien  » Dr avec maman on a bien réfléchi et on en veut pas de votre cancer. C’est trop vulgaire, tout le monde en a. Nous on a décidé d’opter pour une mammoplastie. On a trouvé ça plus joli ». Contre toute attente le chirurgien a réfuté mon diagnostic. Quel manque de professionnalisme !
  • Interdisez-leur de vivre dans des maisons médiévales avec des escaliers pour personnes d’1m30. Je suis très très ferme sur cet aspect. Bien qu’ayant un vif intérêt pour l’histoire, je pense que la règle « la largueur du meuble doit l’emporter sur la largeur de l’escalier » doit être une priorité.
  • Interdisez-leur de s’abonner à toutes sortes de catalogues inutiles. Ca tue des arbres et c’est un tri sélectif interminable. Ma mère recevait même un catalogue pour femmes fortes. Elle faisait du 36.
  • Aimez-les forts de leur vivant. Dites ce que vous avez à dire, aimez comme jamais, vivez l’instant comme s’il était le dernier.

Un grand merci à ma tante Anne (Anne ma tante Anne ne vois-tu rien venir?) –  aux deux Thibault – à Théo – à Ghislaine – au Mr qui m’a prêté sa corde pour passer les meubles par la fenêtre – aux commerçants qui nous on donné des cartons – et à nos petits muscles qui ont bien travaillé.