Tag

France Culture

Browsing

Il y a des samedis soirs tout doux, où les éléments et les artistes viennent chasser la solitude. J’étais décidée à aller nettoyer ma couette à la laverie. Ne me demandez pas pourquoi ce soir-là, je ne sais pas. Mais je me suis posée dans cette laverie vide, un samedi soir, un bon livre à la main et je suis allée me chercher un verre de vin blanc californien au petit bar d’à côté. Je faisais face à la basilique Saint-Urbain et à son art monumental et je me laissais bercer par les mots de mon livre et le ronron de la machine.



C’est en rentrant d’un pas léger, que je suis tombée sur cette émission de France Culture dédiée à la chanteuse Lhasa. Une myriade de souvenirs m’est alors revenue en tête : ma découverte de cette chanteuse enivrante et vivante, le cancer qui l’emporta, le fait de le faire découvrir à ma mère, notre passion pour cette chanteuse, le cancer qui emporta ma maman. Mais aucun de ses souvenirs n’altèrent le bonheur que j’ai encore aujourd’hui, à l’écouter.

« J’ai découvert quand j’étais petite que toute chose sur la Terre, vivante ou non, avait une attitude, un message, un geste. Je me disais : tout est vivant, il faut faire attention à ce qu’on crée ».Lhasa de Sela

Lhasa de Sela, plus connue sous le nom de scène Lhasa, née le 27 septembre 1972 dans l’Etat de New York, est une chanteuse américano-mexicaine ayant vécu au Québec. Elle chantait d’une voix grave et profonde dans trois langues : anglais, français et espagnol. Sa musique est inspirée par différents grands courants musicaux comme la musique mexicaine, gitane, le folk américain, la chanson française, la soul et le rock. Elle a réalisé 3 album dans sa vie : La Llorona / The Living Road / Lhasa. Décrite comme une « âme bouillonnante, femme d’instinct et tête chercheuse », son disque La Llorona lancé en 1998 « a changé le visage de la chanson immigrante du Québec ». (… la suite sur Wikipédia)

Cette émission, c’est 58 minutes de bonheur, par Elise Andrieu (réalisation : Céline Ters.). On y retrouve des interviews joyeuses et pétillantes de ses soeurs qui nous parlent d’elle et de leur vie de bohème. « Nous on promenait notre monde avec nous ».  On y entend ceux qui ont travaillé avec elle, ceux qui l’ont connue. Ces témoignages ont été enregistrés un an après sa disparition.

Cette chanteuse a la rage d’une femme qui aime la vie et n’accepte pas qu’elle devienne grise. De la compassion ! Enfin, de la compassion !


Vous trouverez différentes informations sur elle ici :

… C’était l’idée qui était la base de ce blog : le blog battle. J’ai du mal à me souvenir qui en était l’auteur. Le principe était que deux personnes créent un texte (chacune un autour d’une liste de mots données au hasard). Je ne sais pas ce que ce blog est devenu mais j’en aimais le principe. Comme le disent les papous (de l’émission les papous dans la tête) : la culture sans gaiété n’est que ruine de l’âme !

Voici le texte que j’avais produit à l’époque et la liste de mots imposées :

  • Assemblée Nationale.
  • Cliquetis métallique.
  • Arcane,
  • Astrologie chinoise.
  • Anatocisme.
  • Schéma moléculaire
  • Interpolation.
  • Exfoliation.
  • Cacahuète au paprika,
  • Obscure gestation.

Elle aimait réfléchir dans son bain.
Cet antre, temple de l’eau, dans lequel elle étalait sa féminité de tout son être…
Elle aimait y découvrir son corps, le regarder vivre, respirer. Comme elle avait fort caractère, elle jurait qu’il n’y avait qu’une unique méthode adéquate pour l’exfoliation de sa peau de Diane : un gommage à la cacahuète au paprika. La cacahuète pour la chaleur pesante des pays chaud, et le paprika pour le mystère des pays de l’est.

Tout avait un sens pour elle, ses gestes, ses choix. Elle voyait sa vie comme un schéma moléculaire, changeant, chatoyant, et représentatif de qu’elle était, de ce qu’elle vivait.

Son métier, c’était la voyance.
Elle plongeait ses mains dans les arcanes majeurs du tarot de Marseille, en pénétrant son regard dans celui de ses clients exclusivement membres de l’Assemblée Nationale.

Elle aimait, les débats, les violences des idéaux, tout ce qui naissait d’une obscure gestation pour donner des échanges furieux. Bien sur des sénateurs, avait tenté s’immiscer dans sa clientèle. Mais elle les refusait implacablement. C’était comme de faire de l’anatocisme clamait-elle ! C’est lucratif mais tellement acquis, statique et sans vue sur l’avenir.

Pour suivre la mode elle s’était mise à l’astrologie chinoise, mais les ouvrages de références, trop rigides à son goût subissaient son interpolation chronique.

Elle voulait la vie surprenante, vivante, avec un lit propre à celui des rivières… Celui qui sait être doux comme un petit cliquetis métallique, puis qui grossit  pour se gorger d’une force fiévreuse … Elle l’a voulait comme ça sa vie. Atypique, à son image !

Je ne sais pas vous, mais moi, je déteste le repassage. Déjà parce que je ne le fais pas très bien etpuis surtout parce que je trouve que c’est du temps de perdu. Heureusement, heureusement, heureusement, il y a la radio pour transformer ce temps de vapeur, en agitation de neurones :)

A l’instant je viens d’écouter l’émission (du 6 juillet 2009) les pieds sur terre de France culture dédiée au délit de solidarité. Voici le lien, c’est à écouter de toute urgence. Ca pique les yeux et le coeur de savoir que notre pays en arrive là …

Si vous ne connaissez pas le concept de cette émission voici comme Sonia Kronlund, la définit :

Le constat
Régulièrement, et surtout à la faveur des élections, le pays découvre des habitants qui vivent dans ses frontières mais qu’il ne connaît pas. Des inconnus qui défient notre éthique en votant avec la hargne contre la raison, un peuple désespéré qui ne croît plus dans ses institutions et ne prend plus la peine de donner son opinion, des gens qui vivent de peu, travaillent parfois sans gagner assez pour se loger, dont la survie dépend du « système D ». Ces gens que nous découvrons alors, nous ne craignons pas d’en analyser et d’en interpréter immédiatement les gestes et les mots et même, le plus souvent, les silences. Et nos analyses répondent aux analyses en oubliant que ces paroles que nous sommes censés analyser, nous ne les entendons plus, si jamais nous les avons entendues. Bien sûr, « on recueille de l’information auprès des gens de peu », « des gens d’en bas » (comme on dit les voisins du dessous) sont invités à s’exprimer, mais ils sont la plupart du temps déplacés de leur contexte ou au service d’une démonstration. De la même façon, des peuples lointains dont nous n’avons jamais perçu l’écho même d’une parole, nous savons faire l’exégèse, et nous savons expliquer à nos auditeurs, à nos lecteurs, à nos téléspectateurs, en quelques minutes ou quelques secondes, ce qui motive les comportements de ces hommes et de ces femmes.
Le projet
Nous voulons ici, modestement, tenter d’écouter sans analyser, de comprendre sans commentaire, d’ouvrir une petite fenêtre sur ce réel qui nous échappe ou qui nous parvient toujours formaté. Ecouter ceux dont on commente abondamment les faits et gestes, aller sur leur terrain et y rester. C’est au coin de la rue, à deux pas d’ici, dans le centre de la France, ou à l’autre bout du monde, tous les jours … et, à chaque fois, la volonté d’aller au plus près, de prendre le temps, de perdre du temps, de participer, de se laisser surprendre par les démons et les merveilles de notre belle époque. Et Les pieds sur terre c’est aller surtout vers ceux qui se battent et qui luttent, pour un rien, pour tout changer, pour vivre mieux ou pour vivre tout court, aller vers les lieux de conflits, de revendications, de désaccords, aussi minuscules soient-ils, et tenter d’écouter sans analyser ceux dont on commente abondamment les faits et gestes, aller sur leur terrain et y rester. Alors tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire.
La forme
Tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire.

 

L’équipe
Production : Sonia Kronlund
Réalisation : Christine Robert, Jean-Christophe Francis, Emmanuel Geoffroy
Attachée de production : Sandrine Chapron
Reporteurs producteurs : Elise Andrieu, Stéphane Correa, Sonia Kronlund, Aude Lavigne, Alain Lewkowicz, Morgane du Liège, Elodie Maillot, Frédérique Pressmann, Anne Riou, Jérôme Sandlarz, Stéphanie Thomas et Farida Taher.

Au creux d’une après-midi faite de rangement de papiers, et de thé à la bergamote, j’ai tendu l’oreille aux voix d’une émission de France Culture (Les Nuits Magnétiques) ayant pour thème : l’érotomanie.

Si je connaissais le nom de cette pathologie depuis plusieurs années, j’avoue ne m’être jamais penchée vraiment sur le sujet. Parce qu’on s’est tous demandé à un moment de sa vie, si on n’aimait pas un peu plus fort celui qui justement nous aimait si peu, cette émission m’a troublée. Je me suis laissée porter au gré de ces témoignages d’érotomanes qui vivent leur amour sans limite, et de ces personnes objet d’érotomanie (en l’occurrence Benoît Dalle, François Caroli).

La frontière entre l’amour et la folie est si ténue, que cela m’a renvoyé à cette notion d’interprétation des sentiments amoureux. Combien de fois n’avons-nous pas interrogés des amis pour savoir si oui ou non Bidule avait pour nous de nobles intentions ? Le premier confirme « mais c’est évident » C’est alors l’euphorie. Le second infirme « mais non il/elle est courtois/e » et c’est le vide, le doute, la mélancolie… En amour, il y a toujours ce basculement où ni nous, ni personne ne savons si l’autre nous aime vraiment. Il y aura toujours ce territoire inconquis. Et pourtant nous y retournons tous …

Alors je me suis demandée combien de fois j’avais aimé à tord ou à raison. Je ne saurai jamais. Et pourtant ces moments m’ont forgée. Ils ont sans doute raison alors … L’important c’est d’aimer ;)

J’aime voyager, dans le sens large du terme. Si mes aventures géographiques sont assez minces, j’avoue saisir chaque instant de la vie pour voyager :
– une simple balade le nez au vent,
– la préparation d’un doux repas pour mes convives,
– le récit d’un ami,
– la peau d’un amant,
– le corps enlacé par un fauteuil de médiathèque, l’œil scrutant ces mots que je viens de surprendre dans un livre,
– et et et … la radio !

Si je vis depuis plusieurs années sans télé, je ne saurai me passer de la radio ! Alors merci à France Culture, que je ne me lasse pas d’écouter, qui m’emmène dans la garrigue, à HEC, en cuisine, en usine… Et qui cette après-midi, m’a poussé doucement devant cette porte terrible, où j’ai crié mille fois à la dame de ne pas entrer… Et qui pourtant laissa tomber la clé de fée, dans le sang des précédentes femmes de Barbe Bleue …

Et vous votre quotidien ? Comment le voyagez-vous ?