En matière de vins, autant être honnête je n’y connais rien …
Devant le vin, je suis comme devant la nourriture, j’ai toujours 5 ans, je sais seulement dire « j’aime » ou « j’aime pas ». Quand j’aime je me délecte, je sautille, j’ai des yeux pétillants et un sourire chantant. Quand je n’aime pas, je ne mange/bois pas ! Plutôt mourir de faim / soif.

L’autre jour, j’ai reçu ma môman, alors je voulais lui faire plaisir autour d’un bon repas, d’un tendre pain et d’un bon petit vin. Comme je bois rarement, quand l’occasion se présente j’honore mes papilles. Pas forcément avec un vin cher mais toujours avec une belle trouvaille.

Et comme mon érudition en vin est à la hauteur de mon talent en patin à glace, c’est à dire proche du néant … Je remets régulièrement mon destin d’apprentie oenolophile, entre les mains du tenacier d’un bar à vin de ma ville.

C’est toujours la même histoire …
Je me décide : aujourd’hui j’achète une bouteille pour faire plaisir à quelqu’un.
Alors, je deviens toute timide. Mes pas arpentent les pavés médiévaux de la ville, avec le claquement propre à mes bottines de femme trottinante. Filant droit vers le marché couvert de la ville, je prends cette entrée là. Celle qui donne juste à côté de la case du vendeur de vin.

Je regarde l’étal, ses bouteilles et … je suis perdue.
Alors il me sourit avec sa bonne mine à lui, toujours souriante. Je lui souris aussi. J’hésite toujours un peu. Il s’approche, on se fait la bise. Il me regarde et je lui dis de suite, moi je n’y connais rien en vin. Il me dit c’est pas grave tu apprends, tu aimes quoi ? Le Cheverny de chez Tue-boeuf et le Champagne Vouette et Sorbée … Le reste je ne retiens pas …
Il me sourit et je lui plante le décor : qui je vais recevoir, ce qu’il ou elle aime, ce que je prévois de cuisiner, bla bla bli bla bla bla …

Là l’aventure commence, il scrute, il observe puis il évoque. Et si mon minois, marque une expression d’accroche, il propose. Il ne vend pas son vin, il le raconte.
Quand il me propose sa trouvaille commence alors un moment incroyable. Son visage s’éclaircit, ses yeux s’animent. Et là, on est avec lui, dans les coteaux, on arpente les vignes, on sent le vent frais sur ses joues. On écoute la particularité du cépage, le travail du viticulteur, sa philosophie. L’histoire du vin, de son nom, sa saveur, ses surprises, ses ressemblances et sa singularité. Quelqu’un qui vous parle avec passion est toujours hors du temps. Et dans ces moments-là, je voyage toujours un peu.

Moi, ça m’intimide terriblement. J’écoute, j’observe et je fais tout mon possible pour tout bien retenir… Et quand j’arrive à la maison, je m’exclame pleine d’enthousiasme : « hé ben maman, ce vin c’est un vin particulier parce que … parce que … parce que… mince, il a dit …. euh bon enfin …. goutons le ! ». Et là je dis j’aime ou j’aime pas.

PS : le dernier vin que j’ai ramené de cette balade est un vin rouge du jura l’uva-arbosiana du domaine de la tournelle.