C’est le nom du reportage qui est passé ce soir dans Envoyé Spécial traitant du funemployment, auquel j’ai eu le plaisir de participer. Oui la Céline à l’appartement coloré, et au vélo années 30, c’est moi. Je voudrai rajouter une ou deux choses à ce reportage.

Ma période réelle de funemployment, je l’ai faite bien avant la crise financière de 2008 qui a lancé le mouvement aux états-unis, puisque c’était pour moi en 2004. A cette époque, j’ai alors cessé de me culpabiliser à être au chômage entre deux emplois. Et j’ai profité de cette période pour la mettre à profit. Le matin était dédié à ma recherche d’emploi. Les après-midis à mes « hobbies ». C’est à dire à une formation par correspondance en sophrologie (que je me suis entièrement financée car je n’ai reçu aucun soutien à l’époque du pôle emploi), en allant aux beaux-arts (les cours de dessins publics, c’est peu onéreux et c’est souvent super), à l’écriture et à mes amis. Profitant enfin de ma vie privée, j’ai commencé à m’intéresser à de plus en plus de choses.

Aujourd’hui, j’ai décidé soit de travailler à temps partiel, soit d’alterner des périodes de rush pro avec des périodes de mise à profit personnel. Le mot chômage, ne déplait fortement car il contient en son sein une référence à l’inactivité. Or il n’en n’est rien. Ces périodes au cours desquelles, je ne « travaille » pas au sens économique du terme, sont des périodes d’épanouissement et de remise en question de mes projets pro comme de vie. Je n’ai peu ou pas touché de chômage pendant cette période. J’y avais droit, mais j’avais envie d’assumer mon mode de vie différent. Mais j’encourage, ceux qui en touche à repenser cette période sous un angle différent. Très clairement depuis que j’ai cette attitude, de rééquilibrer davantage ma vie personnelle et ma vie professionnelle, je suis plus à l’aise dans mon ma vie professionnelle. Bien sûr, il y a toujours des périodes difficiles mais globalement, cette attitude m’a rendue paradoxalement plus « employable » et m’a permis d’obtenir davantage de travail. Comme quoi, le bien-être personnel, ça paye !

Alors quand à la fin du reportage la présentatrice conclue en me qualifiant chômeuse invétérée, alors que je suis free-lance, je réalise qu’elle n’a pas compris grand chose au reportage qu’elle a commandé. Ca me fait de facto penser à la citation de Loïck Wacquant (sociologue) : « on constate une incapacité de penser l’activité de vie en dehors de la forme salariale ».

J’en conclu que ces deux dames d’envoyé spécial, n’ont malheureusement pas compris l’essence du reportage. Et que même après cela on reste dans le clivage : soit tu travailles (peu importe si cela t’épanoui ou te nuit) et tu es respectable, soit tu as un mode de vie alternatif et tu es un marginal dont on espère bien qu’il va rentrer sur le droit chemin … En conclusion, merci à Jérôme Sesquin, qui a réalisé ce reportage, et aux nombreuses personnes qui ont eu la gentillesse de m’envoyer un mot pour me féliciter ou me tacler ;)


Pas de travail, pas de problème – Envoyé… par Actuchomage

Pas de travail, pas de problème – Envoyé… par Actuchomage

Parce qu’il me semble important de voir le reportage « attention danger travail » (2003) de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe pour avoir une autre vision également, plus engagée. Demandez à votre médiathèque d’acheter le dvd pour que cela tombe dans les bras de la collectivité ou faites une recherche sur le web, vous devriez finir par le trouver :)