Pas assez forts,
Pas assez convaincants, mais surtout …
Pas assez présents !

Dans mon coeur, dans mes entrailles, raisonnent toujours milles mots de joies, de rire ou de colère. Des mots joyeux, des mots sévères, des mots d’humour …
Et il y a eu cet instant qui m’a paru si long.

Cet instant au cours duquel, j’ai creusé mon âme de bavarde pour trouver les mots. Ceux qui pansent, ceux qui comblent, ceux qui rassurent… Enfin, ceux qui disent « ce n’est pas déguelasse, tout va changer ». Ce jour là, en face de mon amie, je suis restée muette. Mon silence traduisait, l’impuissance de l’amitié.

Je l’ai toujours vue, comme une âme forte. Comme un arbre robuste qui ne plie jamais. Comme un esprit fluide et invincible. Sa logique abat plus d’un mur, celui du mensonge, celui de l’ironie, celui des théories. Mais pour les sentiments, elle a toute la pudeur que je n’ai pas. Une vraie timidité. Une âme qui ne montre pas ces choses là facilement, là où moi je les étale.

J’avais lu une phrase qui m’avait intriguée…

Je l’avais portée en moi, mais je n’avais pas osé la dire tout de suite. Puis au cours du repas, je lui ai demandé : « ça te pèse en ce moment d’être seule ? ». Son « oui » a allumé sa féminité. Elle avait un autre visage, une autre couleur… Un regard vibrant d’une autre émotion.

Et moi, face au célibat d’une aussi belle personne, je suis restée comme une conne. Incapable de lui apporter le présent que j’aurai voulu : un compagnon à sa hauteur.