Au creux d’une après-midi faite de rangement de papiers, et de thé à la bergamote, j’ai tendu l’oreille aux voix d’une émission de France Culture (Les Nuits Magnétiques) ayant pour thème : l’érotomanie.

Si je connaissais le nom de cette pathologie depuis plusieurs années, j’avoue ne m’être jamais penchée vraiment sur le sujet. Parce qu’on s’est tous demandé à un moment de sa vie, si on n’aimait pas un peu plus fort celui qui justement nous aimait si peu, cette émission m’a troublée. Je me suis laissée porter au gré de ces témoignages d’érotomanes qui vivent leur amour sans limite, et de ces personnes objet d’érotomanie (en l’occurrence Benoît Dalle, François Caroli).

La frontière entre l’amour et la folie est si ténue, que cela m’a renvoyé à cette notion d’interprétation des sentiments amoureux. Combien de fois n’avons-nous pas interrogés des amis pour savoir si oui ou non Bidule avait pour nous de nobles intentions ? Le premier confirme « mais c’est évident » C’est alors l’euphorie. Le second infirme « mais non il/elle est courtois/e » et c’est le vide, le doute, la mélancolie… En amour, il y a toujours ce basculement où ni nous, ni personne ne savons si l’autre nous aime vraiment. Il y aura toujours ce territoire inconquis. Et pourtant nous y retournons tous …

Alors je me suis demandée combien de fois j’avais aimé à tord ou à raison. Je ne saurai jamais. Et pourtant ces moments m’ont forgée. Ils ont sans doute raison alors … L’important c’est d’aimer ;)