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J’aime dessiner, particulièrement les corps nus. Les perspectives, les natures mortes, les vanités, très peu pour moi. J’aime les formes, les courbes, les grains de peau qui jouent avec la lumière.
Mais pour dessiner des nus, il faut des corps et c’est là tout le problème.

Première idée : dessiner son amoureux.

Exercice oh combien difficile. Il faut un contexte, un lieu bien chauffé, un moment doux. Cela demande aussi d’imposer certaines règles.

  • L’homme à croquer – Tu sais mon ange, l’autre jour je disais à David… dit-il en se grattant la tête.
  • TheCélinette en mode esthète – Ne bouuuuuuuuuuuge pas tu me flingues mes ombres et mes distances !
  • Cela demande de répondre aux questions fondamentales qu’il se pose sur l’art.
    TheCélinette – Non chaton, tu ne peux pas me mordre l’oreille pendant que je te dessine.

Deuxième idéese rendre dans des cours dédiés aux croquis de nus.

J’y dessine des hommes, des femmes, des petits des grands, des minces, des bien en chair, depuis des années sans un seul soucis. Mais dernièrement j’ai dessiné un individu d’un tout autre genre. Quand cet homme est venu poser je l’ai trouvé bizarre.

Dans la salle, les élèves forment un cercle et le modèle prend place au milieu. Ce soir là, lors de la deuxième heure de cours, pas mal de personnes ont quitté la salle. Je me suis donc retrouvée assez isolée, en face des quelques autres élèves. L’homme en question prend une pause. Il se met debout, face à moi, tournant ainsi le dos au reste de la salle. Je cherche mes crayons, hésite un peu : mine de plomb, crayon 4B, je fais quelques traits en guise de test puis je me lance.

Là, une dame d’un certain âge, lance au modèle – Ooooooooooh Francis* ça fait plaisir de vous voir !!!!
Je la regarde, interloquée, par son enthousiasme, puis je retourne à ma préoccupation : mon dessin. C’est alors que je m’interroge sur les proportions du buste, qu’il me semble voir, un peu plus bas, quelque chose bouger. C’est dans ces moments là, que même face une réalité bien concrête, on refuse de croire. Non. J’ai dû rêver. Je vérifie mes mesures. La chose bouge encore. Puis dans une démarche probatoire, j’observe l’objet du délit qui se tient au garde à vous, alors que peut de temps avant il était au repos. Là j’ai juste envie de dire à la vieille dame – « Tiens regarde le Francis il te fait coucou ».

Sauf que le Francis c’est face à moi qu’il est. Là je le regarde, il me regarde et il sourit avec une lueur dans l’oeil qu’à mon avis on peut traduire par « hey hey matte un peu la performance ». Alors autant vous dire, que l’érection de l’être aimé est toujours flatteuse. Autant l’animation du corps spongieux de cet inconnu ça m’a clairement rebuté. Bien sur certains me diront « hey tu provoques des érections même habillée c’est cool non? »La réponse est NON ! Je n’ai plus remis les pieds dans ce cours pendant un an. Et cette année je me suis aperçue qu’il était encore là. Mais il est plus discipliné, il n’a que des demi-érections maintenant…. Amen !

*Francis est un prénom d’emprunt : je présente mes excuses à tous mes lecteurs nommés Francis :)

A cette époque mon ami O. travaillait dans de beaux locaux situés derrière le Printemps Haussmann. Il m’arrivait d’aller le voir pour un café et papoter quelques minutes.

Ce jour-là, il était ravi, il venait d’avoir une tablette graphique grand format et un écran super grand. Il m’a expliqué tout ce qu’il pourrait faire professionnellement avec. « Tiens essaye-là, tu verras c’est super ! » dit-il enthousiaste. J’ai donc pris sa place, j’ai pris le stylet et repensant à toutes ces années de cours de dessin que j’avais reçu aux beaux-arts, j’ai décidé dans un élan créatif de dessiner un phallus. Je ricanais comme une gourde au printemps ravie de mon exploit. O. me regardait un peu dépité mais patient. C’est le moment qu’a choisi son collègue pour faire irruption dans le bureau pour une demande urgente … faisant face à l’écran.

Je tenais toujours le stylet dans ma main. Sur l’écran 27 pouces mon phallus artistique s’étalait de tout son long. J’ai pensé à mille solutions pour m’en sortir, mais je n’en n’a retenu aucune. J’ai donc choisi de faire comme si de rien n’était. Le collègue visiblement interloqué, a fait de même puis est parti. O. m’a retiré la tablette des mains. J’ai comme l’impression qu’il ne me la prêtera pas tout de suite …

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