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Découvrir un des lieux de vie de Pierre-Auguste Renoir.

Je l’ignorais, mais le célèbre peintre Auguste Renoir, avait pour habitude de passer ses étés à quelques kilomètres de Troyes dans le village d’Essoyes. Il y est d’ailleurs enterré, et pour avoir l’assurance d’y reposer en paix, il a refusé le caveau de sa belle-mère, pour y préférer la tombe d’à côté et on le comprend bien.

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Comme beaucoup d’artistes, il a dû attendre de nombreuses années avant de pouvoir vivre de sa peinture. Et alors que ses finances étaient au plus bas, il a un jour proposé au boucher du village de le rémunérer en tableaux. L’homme manifestement peu sensible à la condition d’artiste, refusa en lui assenant un « va travailler, fainéant ! ». Conception toute relative puisqu’en 60 ans de carrière, Pierre-Auguste Renoir a peint plus de 6 000 tableaux.

Alors que nous déambulions dans l’atelier de l’artiste (1ère photo), j’imaginais que sous mes pas, il avait posé les siens. J’avais envie de le voir peindre, d’observer son trait, le mélange de la matière. Alors, j’ai laissé mon regard plonger à travers la fenêtre. Je me suis dit que dans ce petit village encore sauvage, les choses n’avaient pas dû beaucoup changer. Et que ces couleurs, ces arbres, il les avait vu, il les avait peint.

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La journée fut rythmée par l’idée d’accompagner Renoir en …

…empruntant :

  • ses pas, en marchant sur ses terres …
  • sa vue, en s’imprégnant du paysage, des petits chemins, et de son lieu de création …
  • son odorat, les odeurs de peinture qui se mélange à celle de la campagne …
  • ses papilles, en goûtant les champagnes de la région…

La bonne nouvelle, c’est que la commune d’Essoyes qui ne disposait jusqu’alors que de l’atelier de Renoir, vient d’acquérir la maison de famille située en bout de jardin. A l’instar de Giverny pour Monet, on attend avec impatience l’aménagement de la maison. Pour pouvoir financer les travaux de la maison, une souscription a été lancée. Elle est ouverte aux particuliers comme aux entreprises, lancez-vous !

 

 

Il vous reste encore quelques jours pour aller découvrir la très belle exposition que le musée Maillol consacre à l’artiste Artémisia Gentileschi intitulée  » Artémisia 1593/1654 : pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre ».

On y découvre une artiste incroyablement douée, qui de surcroît représente la femme dans ce qu’elle de plus fort et de plus noble. Son histoire est aussi intéressante que sa peinture, puisqu’elle a travaillée dès son plus jeune âge avec son père Orazio Gentileschi. Père qui fait assez rare pour l’époque, portera plainte quand un autre artiste, Agostino Tassi, abusera sexuellement de la jeune Artémisia. Elle fut la première femme admise à l’Accademia del Disegno de Florence, mais aussi l’une des plus célèbres artistes de son époque.

On y découvre sa peinture mais également de très belles lettres d’amour, que j’aurai aimé écrire.

Les femmes ici sont rondes et libres, parfois opprimée et parfois capable de tous les courages pour sauver leur peuple. On y voit à l’instar de sa vie, des femmes qui prennent leur destin à bras le corps.

Je vous conseille vivement de prendre un audio-guide. Le musée est de taille moyenne, mais j’ai réussi à y passer plus de 2H… de bonheur.

Le petit plus. Votre billet vous donne également accès à l’exposition permanente du musée qui m’a permise de découvrir quelques oeuvres d’une autre artiste féminine : Séraphine Louis. Je vous conseille le film éponyme.

Informations :

  • Exposition Artémisia du 14 mars au 15 juillet 2012
  • Musée Maillol : 61 rue Grenelle 75007 Paris. Métro : rue du bac (L. 12).
  • Horaires : ouvert tous les jours, même les jours fériés de 10h30 à 19h00.Nocturne le vendredi jusqu’à 21h30.
  • Prix d’entrée : 11 €. Vente des billets tous les jours, jusqu’à 18h15 et le vendredi jusqu’à 20h45.
  • Audio-guide : 5 €

Je suis crevée… Je cours partout depuis quelques semaines et la marmotte que je suis commence à rêver des bras de Morphée tout au long de sa journée.

Ce matin, le réveil sonne, j’essaye de bouger un bras, puis l’autre… J’y vais, j’y vais pas ? J’ai une matinée de libre, je pourrais dormir encore… Bon non j’y vais. Une bonne douche avec un gommage délicieux me réveille enfin.

Je vérifie mon matériel… mince, il me manque les ¾ des trucs (je prie pour que Danièle soit équipée). Puis je fouille dans mon appartement comme on part à la chasse au trésor ! Résultat des courses : le papier kraft des fleurs de P. ; une brosse à dents de quand j’étais pas bien grande, une ancienne éponge pour le visage…

Je saute dans mon jean et je m’engouffre dans la rue voisine, cherchant du regard, les migrants portant ce fameux grand carton rempli de feuille sous le bras. L’immense porte en bois, puis les escaliers. Je les enjambe rapidement.
Des gens, des salles… Mais laquelle est la mienne ? Celle-là, non… Bon ça doit être là. Je m’installe.
Mon voisin semble pratiquer depuis un certain temps. Il est déjà entrain de travailler alors que la prof n’est pas encore là. Comment est-ce possible alors que c’est notre première session ? Si, si c’est possible… Il s’était trompé de salle.

Elle arrive. Elle s’est Isabelle Vialle. Une artiste peintre qui est en résidence à l’atelier Ginko (9 rue Jeanne d’Arc, à Troyes), elle doit nous faire découvrir l’acrylique. Pour moi c’est une grande première. Je n’ai quasiment jamais peint. Une trouille bizarre s’est toujours emparée de moi à la vue d’un pinceau.

Cette femme commence à nous parler des supports, du matériel.

Plus je l’écoute et plus cela me confirme ce que j’ai toujours pensée… Une femme qui vit sa passion, est toujours possédée par une beauté touchante et particulière. Premier contact, première surprise : elle nous indique les magasins où se procurer le matériel : des magasins de bricolage. Il nous faut de la colle à papier peint, un rouleau de papier peint, des vieux outils, du sable, de l’acétone…. Et tutti quanti… Je n’étais déjà pas bien réveillée mais là mes connections neuronales peinent comme jamais.

Pour mon plus grand bonheur, nous n’avons pas commencé par du figuratif mais par se familiariser avec les textures et les possibilités offertes par cette matière.  Cette familiarisation se voulait libre et atypique. Il fallait enduire, jeter du sable, peindre, essuyer, gratter, coller, décoller, jeter de l’eau…

Isabelle Vialle a mis de côté les pinceaux au profit d’une technique plus directe : de mains de maître, elle fouille sa peinture et laisse la matière se raconter. Novembre 2010

Après un moment de flottement (on est tellement cadré que le retour à la liberté est toujours un drôle d’effet), je suis lancée dans cette aventure. En acrylique, on fait, on défait, on recommence, on se fou des normes. Tout à coup j’ai perdu mon âge : j’avais celui qui s’étire sur le temps entre ma petite enfance et aujourd’hui.

J’avais 5 ou 6 ans … et les références artistiques qui me revenaient étaient celles de mes cours de dessins de maternelles. Je me souviens de la fierté que j’avais eu quand j’avais entièrement redécoré un pouf en superbe cuir blanc que venaient d’acheter mes parents. J’étais sur que cette liberté et ma participation à leur bonheur (l’acquisition de cette belle pièce) allait les enchanter … alors que … pas vraiment. Puis j’ai 32 ans, et j’exprime mes émotions de femme.

Ce cours de peinture acrylique, non académique, c’est comme le cours de cuisine de Pauline. Il faut le vivre.  Pendant 3 heures ma fatigue s’est envolée. J’étais dans ma matière, et dans rien d’autre. Etpuis surtout, je me familiarisais avec des possibilités sans limites.

Je crois que c’est vraiment la première fois que je vois l’abstrait, et le travail de la matière de cette façon là. Avant je concevais davantage le dessin comme une reproduction, alors qu’Isabelle, nous le fait vivre comme une création.
Prochaine étape, allez la rencontrer dans son Atelier.

Et vous dans quel loisir vous sentez-vous différent ?